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28/09/2012 06:50 EDT | Actualisé 28/11/2012 05:12 EST

Irak: la police à la recherche de membres d'Al-Qaïda évadés de prison

La police et l'armée irakiennes étaient mobilisées vendredi pour tenter de retrouver plusieurs dizaines de détenus membres d'Al-Qaïda, évadés la veille d'une prison de Tikrit (nord) lors d'une attaque qui s'est soldée par la mort de 16 membres des forces de sécurité.

Quelque 102 prisonniers ont réussi à prendre la fuite à la faveur de l'offensive, a rapporté le ministère de l'Intérieur dans un communiqué, qui souligne que "47 d'entre eux appartiennent à l'organisation terroriste nommée +Etat islamique d'Irak+", la branche d'Al-Qaïda dans le pays.

Au total, "23 fugitifs ont été arrêtés et 4 autres ont été tués", a précisé le ministère.

Dans la journée, Mohammed Hassan Attiya, président du conseil de sécurité de la province de Salaheddine, où se trouve Tikrit, avait indiqué que les recherches se poursuivaient pour retrouver les détenus en fuite, mettant l'incident sur le compte de la faiblesse et de la corruption qui gangrènent selon lui la police.

Le ministère de l'Intérieur a d'ailleurs annoncé le limogeage du chef de la police de la province, le général Abdul Karim al-Khaseraji.

De même source, des détenus ont d'abord tué un gardien jeudi soir, se sont emparés de son arme, puis se sont rendus à l'armurerie de la prison. Ils ont ensuite utilisé des co-détenus comme boucliers humains pour faciliter leur évasion de la centrale.

Jeudi, un officier de police avait donné une autre version jeudi. Selon lui, un kamikaze au volant d'une voiture piégée s'est fait exploser à l'entrée de l'établissement, puis des hommes lourdement armés ont pénétré dans l'enceinte du bâtiment et rejoint des prisonniers.

Les insurgés ont réussi à prendre le contrôle de la prison, jusqu'à ce que les forces de l'ordre les en délogent vendredi au petit matin, selon une source au centre des opérations de la police de la province.

L'offensive n'a pas été revendiquée, mais au cours de l'été, l'Etat islamique d'Irak avait annoncé son intention de libérer ses membres emprisonnés.

Selon le ministère de l'Intérieur, 16 membres des forces de sécurité ont péri au cours de l'attaque. Un employé de l'hôpital de Tikrit, qui est par ailleurs la ville d'origine de l'ancien président irakien Saddam Hussein, a de son côté avancé un bilan de "treize policiers tués et 34 blessés".

En juillet, l'Etat islamique d'Irak avait annoncé son intention d'intensifier son combat dans le pays, dans un message de son chef Abou Bakr al-Baghdadi.

Il y proclamait le "lancement d'un nouveau projet, baptisé +Abattre les murs+", avec pour priorité de "libérer les prisonniers musulmans où qu'ils se trouvent, puis de traquer et éliminer les juges, les procureurs et ceux qui les protègent".

Dans la foulée, des assauts contre des prisons s'étaient produits.

Le 1er août, des hommes armés avaient ainsi tenté, sans succès, de pénétrer dans la prison de Taji, au nord de Bagdad, en faisant exploser une bombe à l'entrée.

La veille, la direction de l'anti-terrorisme de Bagdad avait été la cible d'une attaque visant, selon le ministère de l'Intérieur, à libérer des prisonniers.

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