NOUVELLES
27/09/2012 01:04 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Programme nucléaire iranien: Nétanyahou appelle le monde à fixer une ligne rouge

NEW YORK, États-Unis - Rien n'est plus dangereux pour le monde qu'un Iran doté de l'arme nucléaire, a déclaré jeudi le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, devant l'Assemblée générale des Nations unies, appelant le monde à définir «une ligne rouge claire» pour faire cesser la menace iranienne.

Benyamin Nétanyahou a ajouté que l'Iran aurait suffisamment d'uranium enrichi pour se doter de l'arme nucléaire avant l'été prochain, et a insisté sur le fait qu'il était «tard, très tard» pour freiner la menace nucléaire iranienne.

«Les lignes rouges ne mènent pas à la guerre, les lignes rouges évitent la guerre», a déclaré M. Nétanyahou. «Je pense que face à une ligne rouge claire, l'Iran reculera, et cela donnera plus de temps pour les sanctions et la diplomatie», a-t-il dit.

Le président des États-Unis, Barack Obama, réaffirme régulièrement qu'il n'autorisera pas l'Iran à se doter de l'arme atomique et que son pays n'exclut pas d'utiliser la force en dernier recours, mais qu'il est encore temps de négocier.

Benyamin Nétanyahou a en vain tenté d'obtenir du président américain qu'il définisse des «lignes rouges» dont le dépassement déclencherait une offensive militaire de Washington contre le programme nucléaire iranien, ce qui a jeté un froid dans les relations entre MM. Obama et Nétanyahou.

Téhéran assure que son programme nucléaire est uniquement destiné à un usage civil et médical, mais le dernier rapport onusien publié le mois dernier montre que l'Iran a continué à déplacer ses activités d'enrichissement d'uranium dans des bunkers souterrains à l'abri de frappes aériennes.

Les autorités américaines estiment que l'Iran n'est pas encore totalement décidé à produire une arme nucléaire même s'il développe l'infrastructure nécessaire, et elles comptent sur les sanctions pour amener Téhéran à renoncer à ses activités potentiellement militaires.

L'intervention du premier ministre israélien à la tribune de l'ONU lui a offert une nouvelle chance de plaider sa cause devant la communauté internationale.

Ce pourrait d'ailleurs être le dernier appel de M. Nétanyahou avant qu'Israël décide d'agir unilatéralement. Les dirigeants israéliens ont laissé entendre à plusieurs reprises ces dernières semaines que l'État hébreu pourrait décider de frapper seul si l'Iran poursuit l'enrichissement d'uranium, qui permet, à une concentration supérieure à 95 pour cent, de fabriquer des armes atomiques.

En pleine campagne présidentielle aux États-Unis, le gouvernement américain s'est efforcé de calmer les ardeurs militaires d'Israël pour éviter un conflit qui déstabiliserait toute la région.

Une telle attaque déclencherait en effet presque certainement des représailles de l'Iran et des tirs de missiles sur des zones israéliennes peuplées. Dimanche, les dirigeants iraniens ont laissé entendre qu'ils pourraient mener des frappes préventives contre l'État hébreu s'ils se sentaient menacés.

Mercredi encore, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé, à la tribune de l'ONU, ce qu'il a qualifié de «menace continue des sionistes barbares» d'attaquer son pays. Le discours a été boycotté par les délégations israélienne, américaine et canadienne en réaction à des propos qu'il avait déjà tenus plus tôt dans la semaine sur Israël.

Benyamin Nétanyahou a immédiatement publié un communiqué déplorant qu'«une tribune (ait) été donnée à un régime dictatorial qui s'efforce à la moindre occasion de nous condamner à mort».

Pendant sa visite de trois jours à New York, M. Nétanyahou a prévu de rencontrer le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, le premier ministre canadien, Stephen Harper, qui a récemment rappelé son ambassadeur en Iran, et la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton.