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27/09/2012 02:30 EDT | Actualisé 27/11/2012 05:12 EST

Crise en RDC: Kabila et Kagame réunis à l'ONU, pas d'avancées sur le fond

Les frères ennemis congolais et rwandais Joseph Kabila et Paul Kagame se sont retrouvés jeudi à l'ONU pour une réunion essentiellement symbolique, tant les positions semblent figées et la communauté internationale impuissante face au drame dans l'est de la RDC.

Tenue à huis clos en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, cette réunion rassemblait la plupart des acteurs régionaux, l'Union européenne, l'Union africaine et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

Objectif: se pencher sur le drame humanitaire et sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo, où une rébellion "M23", née d'une mutinerie de soldats congolais, sème depuis six mois la terreur et commet de multiples exactions sur les civils, selon l'ONU.

Mais il semble que la seule victoire de cette réunion est d'avoir réussi à rassembler dans la même pièce Joseph Kabila et Paul Kagame, qui s'accusent réciproquement de soutenir des mouvements de déstabilisation dans leurs pays respectifs.

"C'est déjà énorme symboliquement et politiquement", a estimé une source proche du dossier, tout en admettant que sur le fond, rien n'avait bougé et que les positions restaient figées.

Selon cette source, dans son discours, M. Kabila a réitéré que son pays était "victime" d'ingérences extérieures, sans jamais citer le Rwanda. Et M. Kagame a demandé que son pays, également mis en cause par l'ONU, ne soit pas le "bouc émissaire" de la crise en RDC, avant de mettre en cause les autres pays voisins de la RDC.

Les participants ont tous "exprimé leurs inquiétudes quant à la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire dans l'est de la RDC", et "la plupart ont condamné toute forme de soutien extérieur au M23 et aux autres forces négatives opérant en RDC", selon un résumé de la réunion. Mais sans jamais citer nommément le Rwanda.

Ils se sont également inquiétés de "la dégradation de la situation humanitaire" dans l'est de la RDC, déjà ravagée par des années de guerres et de crises.

Mais aucun communiqué final n'a été publié, a déploré le représentant britannique chargé de l'Afrique, Mark Simmonds. "Le Royaume Uni souhaitait un document qui aurait correctement diagnostiqué les racines de la crise et défini comment toutes les parties pouvaient travailler à sa résolution", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Par ailleurs, la proposition de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs du déploiement d'une "force neutre" à la frontière rwando-congolaise a été notée avec "intérêt".

Mais "qui participerait, qui ferait quoi, qui payerait ? Il faut travailler le concept car le Conseil de sécurité de l'ONU réclamera des éléments très précis" avant d'adopter une résolution sur une nouvelle force en RDC, a reconnu Hervé Ladsous, le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix.

L'ONU déploie déjà en RDC sa plus importante mission dans le monde avec 19.000 personnels en uniforme.

Interrogé sur le bilan de cette réunion, un diplomate occidental a estimé que "des messages très forts ont été exprimés par des pays qui ont du poids", et que "certains d'entre eux sont peut-être passés" aux oreilles de MM. Kagame et Kabila.

Mais pour l'organisation Human Rights Watch, "le sommet a échoué à reconnaître clairement le problème principal: la poursuite du soutien militaire du Rwanda au M23". "Tant que le Rwanda continuera à soutenir la rébellion, les civils congolais supporteront les conséquences des combats, quel que soit le nombre de sommets que l'ONU tiendra", selon un communiqué de l'organisation.

cf/bdx