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26/09/2012 03:22 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Le siège de l'état major syrien visé par deux puissantes explosions

Deux puissantes explosions ont visé mercredi le siège de l'état major syrien dans le centre ultra-sécurisé de Damas, mais le régime a assuré qu'elles n'ont pas fait de mort.

Ces attentats interviennent au lendemain de l'ouverture à New York de l'Assemblée générale de l'ONU devant laquelle le secrétaire général de l'organisation Ban Ki-moon a évoqué un "désastre régional avec des implications mondiales" en parlant de la Syrie.

Après 18 mois d'un interminable conflit, le Qatar a appelé à une intervention militaire de pays arabes en Syrie et le président américain Barack Obama à la fin du régime et à des sanctions.

A Damas, mercredi matin, la télévision d'Etat syrienne a rapporté que deux explosions "terroristes" se sont produites près du siège de l'état major, situé à quelques mètres de la place fortifiée des Omeyyades dans le centre-ville de la capitale.

Selon le ministre de l'Information, Omrane al-Zohbi, elles ont été provoquées par les explosions de deux bombes et n'ont fait que des dégâts matériels.

"Tous les dirigeants militaires et responsables de communication (au siège de l'état major) vont bien", a-t-il ajouté.

"Les forces de sécurité poursuivent un groupe terroriste armé dans les abords de la zone où se sont produites les explosions", a précisé le ministre. Le régime assimile, depuis le début du conflit en mars 2011, les rebelles à des terroristes soutenus par l'étranger.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a indiqué de son côté que deux "puissantes" explosions, à 15 minutes d'intervalle, ont visé ce bâtiment, et ont été suivies de brefs affrontements entre rebelles et forces de sécurité.

"De nombreuses ambulances se dirigent vers le site de l'explosion", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH, citant des militants sur place.

"De grosses colonnes de fumée sont visibles et des vitres d'immeubles ont été brisées à des centaines de mètres du lieu" de l'explosion, qui a été quadrillé par les forces de sécurité, a-t-il précisé.

Plusieurs attentats ont secoué la capitale depuis le début de la révolte contre Bachar al-Assad lancée en mars 2011 et qui s'est progressivement transformée en rébellion armée en raison de la répression menée par le régime.

Mardi, de puissantes explosions ont secoué une administration militaire à Damas, faisant 20 blessés, en majorité des militaires, selon l'OSDH.

Ces nouvelles violences dans la capitale, où des combats se déroulent depuis la mi-juillet entre rebelles et forces gouvernementales, interviennent au lendemain de l'appel du Qatar, chef de file des pays critiques de Damas, à une intervention militaire de pays arabes en Syrie.

Constatant que "tous les moyens avaient été employés (...) en vain", l'émir du Qatar, Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a préconisé que "les pays arabes eux-mêmes interviennent conformément à leurs devoirs national, humanitaire, politique et militaire et fassent ce qu'il faut pour mettre fin au bain de sang en Syrie".

Le Qatar, qui soutient l'opposition, a fait référence à un "précédent", l'intervention décidée par la Ligue arabe au Liban en 1976 pour tenter de mettre un terme à la guerre civile libanaise. Une force arabe de dissuasion de 30.000 hommes --composée majoritairement de troupes syriennes-- avait été envoyée au Liban en octobre 1976.

Le secrétaire général de l'ONU a de son côté appelé à l'arrêt de l'afflux d'armes aux deux camps et réclamé une action du Conseil de sécurité pour mettre fin au conflit qui a fait plus de 29.000 morts en 18 mois.

Selon lui, cette guerre est une "menace grave et croissante pour la paix et la sécurité internationales".

Pour sa part, le président américain Barack Obama a déclaré que le régime Assad devait "prendre fin" et appelé à des sanctions en cas de poursuite de la répression, estimant que "l'avenir ne doit pas appartenir à un dictateur qui massacre son peuple".

Son homologue français François Hollande a également souligné la nécessité d'une action "urgente" de la communauté internationale en Syrie, appelant l'ONU à "protéger les zones libérées" dans ce pays.

Mais le dossier syrien reste bloqué au Conseil de sécurité en raison de l'opposition de la Chine et de la Russie, fidèles alliés du régime syrien, à des sanctions contre Damas. Ces pays ont bloqué à trois reprises des résolutions.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, de retour de Syrie, avait estimé lundi devant le Conseil de sécurité qu'il n'y avait "pas de progrès en vue aujourd'hui ou demain" vers une issue au conflit.

L'Assemblée générale se réunit au moment où combats et bombardements continuent de faire rage dans une grande partie du pays, fauchant systématiquement plus de 100 morts chaque jour selon des bilans de l'OSDH.

La bataille cruciale se déroule notamment à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu majeur pour les rebelles comme pour les forces fidèles à M. Assad. Le régime a affirmé mardi avoir repris le grand quartier d'Arkoub dans l'est d'Alep.

bur-ram/sw