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26/09/2012 02:30 EDT | Actualisé 26/11/2012 05:12 EST

Iran: le conseiller pour la presse d'Ahmadinejad écroué

Ali Akbar Javanfekr, conseiller pour la presse du président Mahmoud Ahmadinejad et dirigeant de l'agence officielle Irna, a été écroué mercredi après avoir été condamné en février à six mois de prison, ont annoncé les agences Irna et Fars.

Cette incarcération intervient alors que M. Ahmadinejad se trouve à New York, où il a tenu mercredi un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU. Le président doit rentrer en Iran en fin de semaine.

En outre, l'office iranien en charge des médias a ordonné la fermeture du principal quotidien modéré du pays, Shargh, en raison de la publication d'un dessin de presse jugé offensant pour les anciens combattants, annonce mercredi le site internet de la radio-télévision d'Etat Irib.

"Ali Akbar Javanfekr, qui a été reconnu coupable de deux chefs d'inculpation, a été arrêté mercredi soir pour purger sa peine de prison", a indiqué le parquet général de Téhéran, cité par l'agence Fars. Il a été écroué à la prison d'Evin, à Téhéran, selon Irna.

M. Javanfekr avait été condamné en février en appel à six mois de prison. Selon Fars, il "a été reconnu coupable d'avoir insulté le Guide suprême, d'avoir publié des contenus contraires aux valeurs islamiques et à la morale publique, et s'est vu également vu interdire toute activité médiatique".

Son avocat avait laissé entendre que les poursuites étaient liées à la publication dans un magazine d'Etat contrôlé par M. Javanfekr d'un article critique sur l'obligation faite aux femmes de porter le foulard islamique en Iran.

En première instance en novembre 2011, M. Javanfekr, également directeur du quotidien gouvernemental Iran, avait été condamné à un an de prison.

Les ultraconservateurs ont lancé l'an dernier une violente campagne contre le président Ahmadinejad et certains de ses proches, accusés de "déviationnisme" et de remise en cause des fondements de la République islamique.

L'incarcération de M. Javanfekr intervient quelques jours après celles du fils et de la fille de l'ancien président Akbar Hashemi Rafsandjani, considéré comme un modéré.

Evoquant le quotidien Shargh, l'office du ministère de l'Intérieur en charge des médias a ordonné la fermeture du journal et le dépôt d'une plainte en justice, rapporte Irib.

Fermé à plusieurs reprises par le passé, Shargh avait reparu en 2010 après une interdiction de trois ans prononcée après la publication d'une interview d'une poétesse vivant à l'étranger et soupçonnée d'être lesbienne.

Le dessin contesté à présent montre des hommes en file avec sur les yeux un bandeau noir rappelant celui porté, sur le front, par les soldats lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988).

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