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25/09/2012 01:01 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Un centre de santé autochtone est soupçonné d'avoir détourné des fonds fédéraux

WOODSTOCK, N.-B. - Une enquête a été demandée à la Gendarmerie royale du Canada à la suite d'allégations de détournement de fonds dans un centre de santé autochtone des Maritimes. Une somme d'environ 500 000 $ est en jeu.

Le Centre de santé des Premières Nations de Woodstock, au Nouveau-Brunswick, est soupçonné d'avoir fait un usage inapproprié de sommes obtenues auprès du gouvernement fédéral, a appris La Presse Canadienne.

Des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information semblent révéler des irrégularités concernant plusieurs réclamations, remboursements et dépenses effectuées par le centre de santé.

Cette situation n'est qu'une parmi plusieurs malversations alléguées découvertes par La Presse Canadienne — au terme d'une enquête de plusieurs mois — au sein des pharmacies, postes infirmiers et autres fournisseurs de soins qui font partie du programme de santé des autochtones mis sur pied par le gouvernement fédéral.

Un rapport de Santé Canada déposé en juillet 2011, couvrant la période d'avril 2006 à mars 2009, a confirmé toutes les allégations, sauf une, concernant le centre de santé de Woodstock.

Des vérificateurs de Santé Canada ont affirmé que l'ancien directeur du centre a embauché des amis et des membres de sa famille sans diffuser d'offre d'emploi et sans préciser non plus la nature de leur travail. Certains de ces nouveaux employés ne se seraient jamais présentés au travail.

D'autres dépenses semblent également difficilement justifiables pour un centre de santé. Une somme de 1943 $ a été accordée à la fille de l'ancien directeur pour jouer dans l'équipe de hockey locale et un montant de 937 $ a été donné à son ex-conjointe pour accompagner sa fille dans un tournoi de hockey.

Le centre a aussi dépensé 23 000 $ pour que des proches de l'ancien directeur séjournent dans un centre de réhabilitation, sans assistance médicale.

Des aînés se sont également vu offrir des cadeaux de 50 $ au moment de leur anniversaire, une mesure qui représente, pour l'ensemble, des coûts de plus 2000 $ en une seule année.

Ce n'est pas la première fois qu'on demande à la GRC de se pencher sur de possibles malversations au sein du programme fédéral de santé pour les autochtones.

La Presse Canadienne a rapporté plus tôt cette semaine que la GRC a dû intervenir dans le cas d'un employé d'un poste infirmier du nord de l'Ontario qui aurait autorisé, aux frais d'Ottawa, de dispendieux vols médicaux d'urgence pour aller faire des emplettes dans un secteur plus peuplé.

Plus tôt cette année, La Presse Canadienne a dévoilé que Santé Canada a fait appel à la GRC après que des enquêteurs aient déterminé que le propriétaire d'une pharmacie du Manitoba utilisait une arnaque impliquant des paniers-cadeaux pour frauder le programme de Services de santé non assurés.

L'ancien propriétaire de cette pharmacie nie toutefois toute malversation.