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25/09/2012 09:58 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

SNC-Lavalin pourrait être la cible d'investisseurs mécontents, dit un analyste

MONTRÉAL - La faible valeur de SNC-Lavalin (TSX:SNC) pourrait inciter des investisseurs mécontents à forcer le prochain chef de la direction du géant de l'ingénierie à céder une partie ou la totalité de ses investissements dans des concessions, a estimé mardi un analyste.

Maxim Sytchev, d'AltaCorp Capital, a laissé entendre que SNC-Lavalin pourrait faire face à une campagne similaire à celle au terme de laquelle la société ferroviaire Canadien Pacifique (TSX:CP) s'est retrouvée avec un nouveau chef de la direction et de nouveaux administrateurs.

Les modifications survenues au sein du CP ont été provoquées par Pershing Square Capital Management, un fonds spéculatif de New York dirigé par l'investisseur dissident Bill Ackman.

«Si Pershing a pu faire bouger une entreprise beaucoup plus grosse comme le CP, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher un changement chez SNC-Lavalin», a écrit M. Sytchev dans un rapport.

Robert Card assumera les fonctions de chef de la direction de SNC-Lavalin à compter de lundi, à la suite d'une série de controverses au sujet des pratiques de la compagnie à l'étranger.

M. Sytchev a dit croire que les investisseurs seraient patients et qu'ils donneraient à M. Card, un homme d'affaires américain d'expérience, plusieurs mois pour déterminer quels sont les gestes à poser afin d'améliorer les résultats de SNC et d'accroître la valeur de l'entreprise.

La vente de la société est possible mais «politiquement difficile à accepter», compte tenu des réactions suscitées par la tentative ratée de prise de contrôle de la chaîne québécoise de quincailleries Rona (TSX:RON) par la société américaine Lowe's, a indiqué le spécialiste.

En conséquence, M. Sytchev a dit croire que des investisseurs mécontents manoeuvreraient afin d'obtenir la cession partielle ou totale des investissements de SNC dans des concessions d'infrastructure, qui incluent des participations dans l'autoroute à péage 407 et dans le fournisseur de transport d'électricité AltaLink, en Alberta.

Par ailleurs, SNC-Lavalin a annoncé mardi avoir obtenu de la Compania Minera del Pacifico un contrat en vertu duquel la compagnie montréalaise fournira des services de gestion d'ensemble, ainsi que d'ingénierie détaillée, d'approvisionnement et de construction, visant un système d'élimination de résidus miniers épaissis sur le site du projet de minerai de fer de Cerro Negro Norte, au Chili.

La part du contrat d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction à prix coûtant majoré de SNC-Lavalin est évaluée à plus de 50 millions $ US.

Le site du projet de Cerro Negro Norte se trouve à 60 kilomètres au nord de la ville de Copiapo, dans le désert d'Atacama. La mine produira 20 000 tonnes de résidus par jour, qui seront traités au moyen d'une technologie d'élimination des résidus épaissis mise au point par SNC-Lavalin.

Cette technologie permettrait de stocker les résidus et de récupérer environ 98 pour cent de l'eau qu'ils renferment.

Les premiers travaux de construction des infrastructures doivent débuter en octobre. La phase mécanique du projet devrait se terminer avant le troisième trimestre de 2013.

Les actions de SNC-Lavalin ont terminé la séance de mardi à 38,86 $ à la Bourse de Toronto, en hausse de 65 cents, soit un peu moins de deux pour cent par rapport à leur précédent cours de clôture.