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25/09/2012 07:13 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Le régime syrien annonce la reprise d'un grand quartier d'Alep

Le régime syrien a annoncé mardi la reprise du grand quartier d'Arkoub à Alep, deuxième ville de Syrie, tandis qu'une ONG faisait état de la poursuite des combats entre soldats et rebelles dans la zone.

Une source militaire a affirmé au correspondant de l'AFP sur place que "les opérations militaires sont terminées à Arkoub", grand secteur de l'est de la métropole. "Des perquisitions de maison en maison sont en cours", a-t-elle ajouté.

Les médias officiels, citant également une source militaire, ont évoqué "la purification de la région d'Arkoub des terroristes", ajoutant que cette zone était devenue "sûre".

Les équipes de maintenance "sont entrées dans Arkoub pour (...) réhabiliter ses infrastructures détruites par les terroristes mercenaires", en référence aux rebelles.

"Les habitants de la région ont eu un important rôle en informant nos forces armées des lieux où se trouvaient les terroristes et de leurs mouvements", a indiqué l'agence officielle Sana.

La télévision d'Etat a dépêché un reporter sur place et diffusé des images de destruction terribles avec des immeubles effondrés ou incendiés et des débris recouvrant les rues.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté toutefois que de violents combats se poursuivaient toujours dans la zone. "Il y a encore de violents combats, ils ne peuvent pas parler de contrôle tant qu'il y a des combats", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Dans une vidéo diffusée par les militants en début d'après-midi et dont l'authenticité ne peut être vérifiée, on peut entendre des tirs nourris et des explosions dans ce secteur.

Le correspondant de l'AFP sur place a également entendu des tirs sporadiques en provenance de cette zone. Il a vu des barrages de l'armée à trois entrées du quartier, les soldats interdisant à quiconque d'y pénétrer et affirmant qu'il y a des mines. Le journaliste a pu voir de loin la rue principale d'Arkoub, avec ses magasins éventrés et les façades des immeubles détruites par les combats et les bombardements.

"J'ai essayé d'entrer ce matin, l'armée ne m'a pas laissé", a indiqué, sous couvert de l'anonymat, un homme de 37 ans, qui a un magasin dans le quartier.

"Ce magasin est tout ce que j'ai dans la vie, s'il est détruit, je vais quitter le pays", a-t-il dit d'un ton résigné.

Alep est le théâtre d'une bataille acharnée depuis plus de deux mois et son contrôle est l'enjeu crucial du conflit.

La bataille est tout aussi acharnée dans la région d'Alep, où la majorité des régions nord et ouest échappent désormais au régime, selon l'OSDH. Un adolescent de 15 ans y a péri mardi dans des bombardements.

Ailleurs dans le pays, de puissantes explosions ont secoué une administration militaire à Damas, faisant 20 blessés, dont certains grièvement et en majorité des militaires, selon l'OSDH.

D'après l'ONG, des bombes ont explosé au siège de l'administration qui gère les écoles des enfants de soldats "martyrs", provoquant des explosions tellement puissantes que des murs d'enceintes se sont écroulées".

La télévision syrienne a rapporté sept blessés, affirmant que des "terroristes" ont fait exploser deux bombes.

Dans la province de Deraa (sud), au moins six soldats ont été tués dans l'explosion de bombes et des combats sur l'autoroute internationale. Toujours au sud, les rebelles ont capturé trois soldats à la frontière avec la Jordanie.

De violents combats ont par ailleurs éclaté à Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb (nord-ouest), dans la ville de Deir Ezzor (est) et à Homs (centre).

Au total, les violences ont fait mardi 62 morts: 26 civils, 26 soldats et 10 rebelles, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

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