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25/09/2012 10:27 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Le conflit syrien, "désastre régional aux implications mondiales", selon Ban

Le régime de Bachar al-Assad a affirmé avoir repris un grand quartier d'Alep, ville stratégique dans le conflit en Syrie qualifié mardi par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de "désastre régional avec des implications mondiales".

M. Ban, qui s'exprimait devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York, a réclamé une action du Conseil de sécurité pour mettre fin aux violences qui ont fait plus de 29.000 morts en 18 mois.

"C'est une menace grave et croissante pour la paix et la sécurité internationales qui réclame l'attention du Conseil de sécurité", a-t-il souligné, appelant à "soutenir de manière ferme et concrète les efforts" du médiateur Lakhdar Brahimi.

Le dossier syrien est bloqué au Conseil de sécurité en raison de l'opposition de la Chine et de la Russie, fidèles alliés du régime syrien, à des sanctions contre Damas. Ces pays ont bloqué à trois reprises des résolutions.

"Nous devons mettre fin à la violence et à l'afflux d'armes aux deux camps et mettre en oeuvre le plus vite possible une transition menée par les Syriens eux-mêmes", a souligné M. Ban.

Le président américain Barack Obama a affirmé pour sa part que le régime Assad devait "prendre fin" pour "que soit mis un terme aux souffrances de la population syrienne", appelant à des sanctions en cas de poursuite de la répression.

"L'avenir ne doit pas appartenir pas à un dictateur qui massacre son peuple", a-t-il lancé à la tribune de l'Assemblée générale, en présence de dizaines de chefs d'Etat.

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, de retour de Syrie, avait estimé lundi devant le Conseil de sécurité qu'il n'y avait "pas de progrès en vue aujourd'hui ou demain" vers une issue au conflit.

L'Assemblée générale se réunit au moment où combats et bombardements font rage dans une grande partie du pays, notamment à Alep, deuxième ville de Syrie et enjeu crucial pour les rebelles comme pour les forces fidèles à M. Assad.

Le régime a affirmé mardi avoir repris le grand quartier d'Arkoub dans l'est d'Alep. Une source militaire a déclaré à un correspondant de l'AFP sur place que "les opérations militaires sont terminées à Arkoub" et que "des perquisitions de maison en maison sont en cours".

Néanmoins, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG se basant sur un vaste réseau de militants, a rapporté que de violents combats se poursuivaient dans la zone. Le correspondant de l'AFP a également entendu des tirs sporadiques en provenance de ce quartier.

"L'armée ne m'a pas laissé entrer", a indiqué un homme de 37 ans, qui possède un magasin sur la principale artère du quartier. "Ce magasin est tout ce que j'ai dans la vie, s'il est détruit, je vais quitter le pays".

Dans des zones de la métropole économique désertées par leurs habitants, la ligne de front traverse des appartements, dont les insurgés ont percé les murs pour avancer à couvert, de pièce en pièce, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Ailleurs dans le pays, de puissantes explosions ont secoué une administration militaire à Damas, faisant 20 blessés, en majorité des militaires, selon l'OSDH.

Dans la province de Deraa (sud), au moins six soldats ont été tués dans l'explosion de bombes et des combats autour d'une autoroute.

De violents combats ont par ailleurs éclaté à Jisr al-Choughour, dans la province d'Idleb (nord-ouest) et à Homs (centre). Onze personnes ont péri dans des bombardements de l'armée à Deir Ezzor (est), tandis qu'à Banias, les forces de sécurité ont mis le feu à des maisons et arrêté 14 personnes.

Un dirigeant rebelle, le colonel Qassem Saadeddine, est sorti indemne d'une tentative d'assassinat par les forces pro-régime, à Salmiyé, dans la province de Hama (centre), a par ailleurs affirmé à l'AFP un responsable de l'Armée syrienne libre (ASL).

Au total, mardi, 93 personnes, dont 51 civils, ont trouvé la mort à travers le pays, selon l'OSDH. Cent seize personnes avaient péri la veille, dont 12 enfants.

Une organisation internationale de défense des enfants, "Save the children", basée au Royaume-Uni, a averti que de nombreux enfants syriens, témoins de meurtres, tortures et autres atrocités, étaient "traumatisés" par le conflit.

L'ONG a publié des "témoignages choquants" recueillis dans des camps de réfugiés aux frontières de la Syrie, montrant que "des enfants ont été la cible d'attaques brutales, ont vu mourir leurs parents, frères, soeurs et d'autres enfants, ou été témoins voire victimes de tortures".

Depuis le début de la révolte contre le régime, qui s'est militarisée face à la répression, 2.000 enfants ont été tués, d'après l'OSDH.

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