NOUVELLES
25/09/2012 10:46 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

La crise retarde la réforme de la finance, encore "trop complexe" (FMI)

La finance internationale reste "trop complexe" et les réformes en cours, retardées par la crise économique, n'ont pas encore posé les bases d'un système "plus sûr", a affirmé le Fonds monétaire international dans un rapport publié mardi.

"Les systèmes financiers restent trop complexes (...) et le problème des banques trop grandes pour faire faillite (+too big to fail+) n'est pas encore résolu", note le FMI dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde.

"Les réformes n'ont pas encore permis de mettre en place un ensemble plus sûr de structures financières", souligne ce rapport qui note que la persistance de la crise "retarde le +redémarrage+ du système sur des bases plus sûres".

Le rapport s'attache principalement à la réforme internationale en cours du secteur bancaire, baptisée Bale III, qui obligera notamment les établissements financiers à augmenter leur niveau de capitaux propres et à revoir leur politique de gestion du risque.

Cette réforme, censée entrer en vigueur en janvier 2013, pourrait conduire les banques à réaliser "des économies d'échelle" pour absorber les coûts de la nouvelle régulation, aboutissant à une concentration "encore plus forte" du secteur, note le FMI.

"Il y a un risque que certains établissements mondiaux deviennent incontournables, renforçant le problème des banques" que les gouvernements ne peuvent se permettre de laisser faire faillite sans risquer de déstabiliser tout le système, alerte le rapport.

Certaines banques mettent par ailleurs au point de "nouveaux produits financiers" qui permettent de contourner les nouvelles régulations, s'inquiète le rapport.

Selon le FMI, les nouvelles exigences légales pourraient également pousser les établissements financiers à se tourner vers le système bancaire parallèle ("shadow banking"), qui englobe des activités menées par des acteurs "parabancaires" (assurances, fonds d'investissement...) hors du contrôle des régulateurs.

"Les vulnérabilités demeurent et l'application des réformes est inégale", souligne le rapport, qui se penche également sur les "effets indésirables" des politiques de taux d'intérêt bas adoptées par les banques centrales pour stimuler l'économie.

jt/sl/lor