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25/09/2012 07:26 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Film islamophobe: Barack Obama condamne la violence et l'extrémisme

NEW YORK, États-Unis - Le président américain Barack Obama a appelé mardi la communauté internationale à s'attaquer aux racines de la colère qui a explosé récemment dans les pays musulmans dans la foulée du film islamophobe, exhortant le monde à choisir «entre les forces qui nous pourraient nous diviser et les espoirs que nous portons en commun».

Dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York, Barack Obama a longuement rendu hommage à l'ambassadeur des États-Unis à Tripoli, Chris Stevens, tué le 11 septembre dans l'attaque du consulat de Benghazi, dans l'est de la Libye, avec trois autres Américains.

«Ces attaques ne sont pas seulement une agression contre les États-Unis, mais aussi contre les idéaux sur lesquels les Nations unies ont été fondées», a affirmé le président américain, qui a été applaudi à plusieurs reprises.

Au moins 51 personnes sont mortes à travers le monde dans les violences liées aux manifestations contre le film «Innocence of Muslims» produit aux États-Unis à titre privé. Barack Obama a qualifié le film de «cruel et répugnant».

«Je pense que tous les dirigeants de tous les pays ont l'obligation de s'élever haut et fort contre la violence et l'extrémisme», a dit le président Obama.

«Aucun discours ne peut justifier cette violence stupide», a estimé le locataire de la Maison-Blanche, en mettant de l'avant la Constitution des États-Unis, qui garantit la liberté d'expression et «même des points de vue avec lesquels nous sommes profondément en désaccord».

«Comme moi, la majorité des Américains sont chrétiens, et nous n'interdisons pas le blasphème contre nos croyances les plus sacrées», a observé M. Obama. «En tant que président de notre pays et commandant de nos armées, j'accepte que les gens disent les pires choses sur moi chaque jour, et je défendrai toujours leur droit de le faire.»

«Pas plus que nous ne considérons que les violences de ces deux dernières semaines, ou les discours de haine de certains, représentent le point de vue de la majorité des musulmans, l'opinion de ceux qui ont réalisé la vidéo ne reflète pas celle des Américains», a-t-il ajouté.

Le président américain a également martelé la détermination des États-Unis à empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, un dossier qui a affaibli les relations entre Washington et Israël. L'Iran doté de l'arme nucléaire «est un problème que nous ne pourrons pas maîtriser», a prévenu M. Obama.

«Il menacerait d'élimination Israël, la sécurité des pays arabes et la stabilité économique mondiale. Cela risquerait d'entraîner une course à l'armement nucléaire dans la région et d'affaiblir le traité de non-prolifération», a prévenu Barack Obama, en soulignant que Téhéran n'avait toujours pas réussi à démontrer que son programme nucléaire est pacifique et n'avait pas rempli ses obligations vis-à-vis des Nations unies.

«C'est pourquoi les États-Unis feront ce qu'ils doivent faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire», a affirmé le président américain.

Il a par ailleurs accusé Téhéran de soutenir le régime du président syrien Bachar el-Assad et des groupes terroristes. «Tout comme il limite les droits de son propre peuple, le gouvernement iranien continue de soutenir un dictateur à Damas et soutient des groupes terroristes à l'étranger», a-t-il dit.

Barack Obama a également évoqué la paix entre Israël et les Palestiniens. «L'avenir ne doit pas appartenir à ceux qui tournent le dos à une perspective de paix. La route est difficile mais la destination est claire: un État juif d'Israël en sécurité et une Palestine indépendante et prospère», a-t-il affirmé.

«On doit parvenir à cette paix par la voie d'un accord juste entre les parties et les États-Unis marcheront aux côtés de ceux qui sont prêts à entreprendre ce voyage», a-t-il ajouté.

Cette allocution était le dernier discours international du président des États-Unis avant l'élection du 6 novembre, dans laquelle il brigue un second mandat de quatre ans.