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25/09/2012 12:13 EDT | Actualisé 25/11/2012 05:12 EST

Barack Obama contre Mitt Romney: le choc des mal-aimés

ATLANTA - Dans les urnes, il faut toujours un gagnant, aussi peu populaire soit-il. À moins d'un retournement spectaculaire de l'opinion, l'élection présidentielle du 6 novembre créera une situation inédite dans l'histoire des États-Unis.

Si Barack Obama l'emporte, il deviendra le premier président réélu avec plus de la moitié des Américains désapprouvant son action. Si c'est Mitt Romney, il restera comme le rival le moins apprécié à s'imposer face au président sortant.

Barack Obama aborde en effet la présidentielle dans une position plus qu'inconfortable, après quatre années à la Maison-Blanche plombées par la crise économique. L'économie tourne au ralenti, le taux de chômage dépasse les huit pour cent et moins de 50 pour cent des Américains se disent aujourd'hui satisfait de son travail de président, selon un sondage de l'institut Gallup.

Mitt Romney n'a pas de quoi pavoiser pour autant. Il s'attire plus d'opinions négatives que positives et ne fait pas l'unanimité au sein même du Parti républicain.

Depuis les conventions nationales qui ont investi les deux candidats, Barack Obama a étoffé son léger avantage dans les sondages à l'échelle nationale, mais aussi dans plusieurs États pivots qui pourraient déterminer l'issue du scrutin.

Le simple fait qu'à ce stade de la campagne, Mitt Romney n'ait jamais réussi à décrocher une avance nette dans les sondages, contrairement à ceux qui ont ravi la Maison-Blanche au président sortant par le passé, souligne ses difficultés à séduire un électorat qui n'est pourtant plus vraiment sous le charme de Barack Obama.

La présidence donne bien sûr un certain avantage de campagne à l'occupant de la Maison-Blanche. L'histoire laisse penser que plus longtemps Mitt Romney restera derrière, plus Barack Obama aura de chances de l'emporter.

Certains républicains se donnent quand même de l'espoir en se remémorant 1980. Du début du mois de septembre à fin du mois d'octobre, le président démocrate sortant, Jimmy Carter, était resté au coude-à-coude ou devant Ronald Reagan. Mais à la fin du mois d'octobre, le candidat républicain l'avait brutalement distancé pour finir par l'emporter avec une avance devenue quasiment mythique dans les annales républicaines. Mais contrairement à ce qui passe aujourd'hui, Ronald Reagan s'était maintenu en tête des sondages tout l'été alors que Jimmy Carter ne dépassait plus les 41 pour cent depuis le printemps, soit en deçà des scores les plus faibles de Barack Obama.

De fait, de nombreux républicains s'inquiètent après la prestation terne de Mitt Romney à la convention de Tampa, ses propos maladroits sur les troubles au Moyen-Orient et la diffusion d'une vidéo tournée en caméra cachée dans laquelle le candidat républicain estime que 47 pour cent des Américains sont des assistés de l'État fédéral qui se posent en «victimes».

Le contexte marqué par les difficultés économiques est pourtant à l'avantage des républicains. Si Barack Obama est réélu, ce n'est pas tant lui qui aura gagné que les républicains qui auront perdu, estime la sénatrice républicaine Lindsey Graham, de la Caroline du Sud. «Si Obama gagne, il va réécrire l'histoire politique.»

Aucun des sept présidents américains réélus depuis 1948 n'affichait un taux de satisfaction aussi bas que celui de Barack Obama, selon les chiffres de l'institut Gallup.

Le président sortant est toutefois en meilleure position que ses trois prédécesseurs qui n'ont assumé qu'un seul mandat (Jimmy Carter, Gerald Ford et George Bush père). Mais aucun de ces trois perdants n'était handicapé par un taux de chômage aussi élevé qu'aujourd'hui, même si les situations économiques étaient différentes pour chacun.

Barack Obama conserve une popularité personnelle plus élevée que son taux de satisfaction auprès des électeurs. Le stratège républicain Timmy Teepell, qui a dirigé plusieurs campagnes électorales, pense que les électeurs indépendants feront la différence. «Ils n'aiment peut-être pas ce qui est fait, mais ils pensent que c'est un type bien et qu'il fait beaucoup d'efforts», a-t-il résumé.

À l'inverse, Mitt Romney a suscité plus d'impressions négatives que positives chez les électeurs depuis le début de sa campagne. Il a notamment pâti des primaires républicaines, longtemps encombrées et indécises. Ses adversaires l'ont attaqué sur tout, de son bilan mitigé comme gouverneur du Massachusetts à ses investissements avec la firme Bain Capital qu'il a fondée.

Au siège de campagne de Mitt Romney, l'optimisme est officiellement de rigueur. Pour autant, le responsables des sondages du camp républicain, Neil Newhouse, admet que Mitt Romney n'a pas encore réussi à convaincre.

«Nous reconnaissons qu'au cours des sept prochaines semaines, nous ne devons pas seulement montrer pourquoi Barack Obama ne mérite pas un second mandat, mais aussi expliquer comment une présidence Mitt Romney serait différente et meilleure», a-t-il dit.