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25/09/2012 01:14 EDT | Actualisé 24/11/2012 05:12 EST

Archipel contesté : Taïwan s'immisce dans la crise sino-japonaise

La crise s'aggrave en mer de Chine orientale, où une quarantaine de bateaux de pêche et huit navires des garde-côtes de Taïwan ont pénétré mardi dans les eaux territoriales japonaises entourant l'archipel des Senkaku-Diaoyu, que se disputent Tokyo, Pékin et Taipei.

La flottille de bateaux de pêche escortée par des navires de guerre a dit vouloir naviguer autour de ces îles afin d'afficher le droit des Taïwanais de pêcher dans cette région.

Selon le porte-parole du gouvernement japonais, Osamu Fujimura, 300 pêcheurs se trouvaient dans cette zone à 9 h locales. « Les garde-côtes ont utilisé des canons à eau pour les repousser. Après avoir entendu nos avertissements, les navires ont fait demi-tour », a-t-il précisé.

Dès leur arrivée, les garde-côtes nippons avaient prévenu la flottille qu'elle ne devait pas aller plus loin, ce à quoi un garde-côte taïwanais avait répondu par radio : « Ce sont les eaux de la République de Chine [nom officiel de Taïwan] et nous sommes ici de plein droit ».

Selon un responsable des garde-côtes japonais, les bateaux de pêche arboraient des drapeaux et des banderoles, où l'on pouvait notamment lire « Nous jurons de défendre les Diaoyutai », le nom taïwanais des îles Senkaku.

Le président de Taïwan, Ma Ying-jeou, a apporté un soutien sans réserve « à l'action patriotique des pêcheurs » et a félicité « les garde-côtes de faire valoir [leur] souveraineté [sur ces îles] tout en protégeant les pêcheurs ».

Les tensions sino-japonaises se sont dégradées il y a une quinzaine de jours lorsque le Japon a annoncé qu'il avait acheté une partie de ce groupe d'îles inhabitées. Ce rachat à des propriétaires privés japonais a profondément déplu à Pékin, mais aussi à Taïwan, qui revendiquent tous deux des droits sur cet archipel.

La Chine « ne tolérera jamais aucun acte unilatéral du Japon qui porterait atteinte à sa souveraineté territoriale », a par ailleurs averti mardi le ministre chinois des Affaires étrangères Zhang Zhijun, à l'intention de son homologue japonais.

« Le Japon doit renoncer aux illusions, entamer une réflexion et prendre des mesures concrètes pour réparer ses erreurs, revenir au consensus et aux accords conclus par les dirigeants de nos deux pays », a-t-il poursuivi.

Il estime que les prétentions japonaises sur l'archipel de mer de Chine orientale représentent une « grave remise en cause des faits historiques et de la jurisprudence internationale ».

Lundi, trois navires gouvernementaux chinois ont brièvement pénétré dans les eaux territoriales de l'archipel pour y revendiquer la propriété de ce territoire. Et la présence de bateaux en provenance de Taïwan vient maintenant compliquer la situation.

Envahies par les troupes japonaises lors de la Deuxième Guerre mondiale, les îles Senkaku sont demeurées sous le joug japonais après la défaite de l'Empire, car la Chine était alors plongée dans une guerre civile qui s'est soldée par la victoire des communistes.

Tokyo reconnaît Pékin comme seul représentant de la Chine, mais entretient des relations commerciales et culturelles étroites avec Taïwan, qui fut une colonie japonaise de 1895 à 1945.

Cette querelle s'inscrit par ailleurs dans un ensemble de différends qui opposent le Japon à ses voisins chinois et sud-coréens, qui reprochent aux Nippons leur passé militariste en Asie.