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10/09/2012 05:33 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Un chef algérien d'Al-Qaïda au Sahel tué dans un accident dans le nord du Mali (islamistes)

L'Algérien Nabil Makloufi alias Nabil Abou Alqama, qui coordonnait les actions d'Al-Qaïda dans le nord du Mali, est mort dans un accident de la circulation dans cette région, entre Gao et Tombouctou, a appris l'AFP lundi auprès des islamistes armés contrôlant ces zones.

"Nabil Makloufi a été rappelé à Dieu samedi soir. Il est mort avec d'autres +frères+ dans un accident de voiture entre Gao (nord-est) et Tombouctou (nord-ouest)", a déclaré à Moussa Ould Mohamed, un responsable à Gao des jihadistes qui occupent depuis plus de cinq mois le nord du Mali, comprenant les trois régions administratives de Kidal, Gao et Tombouctou.

Le décès de l'Algérien a été confirmé à l'AFP par un responsable du groupe Ansar Dine à Tombouctou, en précisant qu'il conduisait lui-même le véhicule lorsque l'accident s'est produit.

Le site privé mauritanien d'informations Sahara Medias, bien renseigné sur les activités des groupes armés dans le nord du Mali, a également rapporté ce décès, en précisant que l'accident s'est produit "à quelque 200 kilomètre à l'ouest de la ville de Gao".

Mais à Alger, le directeur de la publication du journal Ennahar, Anis Rahmani, spécialiste des questions de terrorisme dans la région, a affirmé à l'AFP qu'il ne s'agissait pas d'un accident. "Il a été éliminé", selon lui.

Makloufi, plus connu sous son surnom de Nabil Abou Alqama, avait été nommé il y a trois ans par le grand patron d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdel, comme coordonnateur d'Aqmi dans cette zone. Il était considéré comme "son bras droit", selon des sources sécuritaires algériennes.

Selon M. Rahmani, Makloufi avait été "chargé de régler les disputes de leadership entre (deux autres Algériens) Mokhtar Belmokhtar, ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat, dissident du Groupe islamique armé GIA puis devenu Aqmi), et Abdelhamid Abou Zeid, un chef d'Aqmi, devenu le shérif de Tombouctou.

"Makloufi penchait vers Abou Zeid et Belmokhtar commençait à perdre du terrain dans la région". Ce dernier l'a alors éliminé, a-t-il encore expliqué.

Makloufi avait rejoint les maquis en Algérie du temps du GIA avant de rejoindre l'ex-GSPC.

D'après des sources sécuritaires au Sahel, ce quadragénaire était également le gestionnaire du stock de l'armement, notamment des explosifs, de son organisation. Il était aussi le chef au sein d'Aqmi au nord du Mali pour la libération d'otages européens en rapport avec les chefs des katibas (unités combattantes) qui détenaient directement les otages européens.

Selon M. Rahmani, maintenant que Makhloufi a été éliminé, "il y aura peut-être une vraie crise interne au sein d'Aqmi et cela va renforcer le Mujao (Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), groupe islamiste armé dirigé par des Maliens et Mauritaniens dans le nord du Mali.

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