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10/09/2012 12:02 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Mondial-2014/qualifications - Bressan, la touche samba du Belarus

Depuis deux ans au BATE Borisov, club hégémonique du Belarus, le meneur de jeu brésilien Renan Bressan a fait son trou dans ce pays si différent du sien, au point d'en acquérir la nationalité et de jouer désormais pour la sélection nationale, qui défie la France mardi.

Lui qui végétait dans l'anonymat des divisions inférieures a fait le grand saut en 2007, de son Brésil natal à la frontière ukraino-bélarusse, au FC Gomel, non loin de Tchernobyl. Il y passe trois ans et se fait repérer par le BATE Borisov.

Le Brésilien y poursuit son acclimatation pendant deux saisons pleines, ponctuées de titres de champion et couronnées du statut de meilleur buteur (15 et 13 buts), alors qu'il n'est que milieu offensif. Mais dans ce championnat peu relevé, son profil et sa technique détonnent.

A 23 ans, il ne regrette pas ce grand saut dans l'inconnu, effectué si jeune. "Quand j'ai eu l'opportunité de jouer en Biélorussie, je ne voulais plus rester au Brésil, expliquait-il à l'AFP en octobre 2011. J'ai toujours voulu jouer en Europe".

"J'ai eu beaucoup de mal avec le froid, la nourriture, la langue, mais je suis resté fort, et ma famille m'a beaucoup aidé, j'ai dû apprendre le russe pour survivre! avait-il ajouté. Je vis avec ma femme, il fait un peu froid, la plage me manque un peu, comme la nourriture brésilienne".

C'était en octobre 2011, à la veille d'une rencontre face à l'AC Milan, neutralisé sur la pelouse de Borisov (1-1), avec un but d'Ibrahimovic et une égalisation sur penalty de... Bressan.

L'expérience européenne tourne néanmoins court, puisque le BATE finit dernier de son groupe, derrière les intouchables Barça et Milan, mais aussi les Tchèques du Viktoria Plzen.

Cette saison, les Bélarusses retrouvent la phase de poules après avoir disposé d'Hapoël Kiryat Shmona en barrages (2-0, 1-1) et de deux autres clubs dans les tours précédents. Ils tombent à nouveau dans un groupe relevé avec le Bayern Munich, Valence et Lille. Et c'est justement en France que le BATE entamera son parcours de poules, mercredi 19 septembre.

L'année dernière, Bressan envisageait de se faire naturaliser pour postuler à une place en sélection. "C'est le rêve de tout joueur de représenter le Brésil mais il y a tellement de joueurs... Jouer pour le Belarus pourrait aider ma carrière. Le Belarus m'a accueilli à bras ouverts alors je serais enchanté de le représenter", avançait-il.

En décembre 2011, cela faisait cinq ans qu'il évoluait dans son pays d'adoption, délai minimal selon les règles Fifa pour pouvoir prétendre à la nationalité, qu'il obtient.

Il intègre ensuite naturellement les A où il compte quatre sélections (2 buts), avec une parenthèse estivale puisqu'il dispute les Jeux olympiques à Londres, où son équipe est éliminée dès le premier tour (une victoire, deux défaites). Ironie de l'histoire, il marque un but dans le tournoi olympique, contre le... Brésil (victoire sud-américaine 3-1).

Bressan, qui porte le N.10, s'était évidemment fait voler la vedette par les autres buteurs, les Pato, Neymar et Oscar, d'une autre trempe. La notoriété du naturalisé bélarusse demeure confinée à ce pays d'Europe de l'est, et bien sûr à sa ville d'origine, Tubarao (100.000 habitants), dans l'Etat de Santa Catarina, où "tout le monde regarde mes matches à la télévision", confiait-il.

Mais s'il réédite le coup de Kislyak, auteur à la 86e minute du but de la victoire du Belarus contre les Bleus au Stade de France le 3 septembre 2010 (1-0), peut-être son aura débordera-t-elle de sa ville natale et de son pays d'adoption.

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