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10/09/2012 05:52 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

La monnaie iranienne poursuit sa chute, les autorités tentent de la masquer

La monnaie iranienne a connu lundi une nouvelle chute de près de 8% face au dollar sur le marché libre, poussant les autorités à tenter de bloquer les informations sur le taux du billet vert circulant sur internet ou par SMS.

Vers midi, le dollar s'échangeait à 26.400 rials sur le marché libre, contre environ 24.000 la veille, dans un marché peu actif et alors que beaucoup de boutiques de change étaient fermées, selon un changeur interrogé par l'AFP.

L'agence de presse iranienne Mehr a fait de son côté état d'un cours du billet vert "autour de 26.000 IRR".

L'Iran est soumis à des sanctions de l'ONU ainsi qu'à un embargo bancaire occidental mis en place depuis 2010 par les Etats-Unis et l'Union européenne pour sanctionner son refus de cesser ses activités nucléaires sensibles. L'Occident accuse l'Iran, qui dément, de vouloir fabriquer la atomique.

Dimanche, le rial avait déjà décroché de 5% par rapport à samedi.

Lundi matin, plusieurs services en ligne suivant l'évolution des taux de changes sur le marché libre ont supprimé la ligne correspondant au cours du billet vert, tandis que tous les SMS comportant le mot "dollar" en persan ou en anglais, ou la mention "devise étrangère" en persan, étaient bloqués, a constaté l'AFP.

En revanche, les SMS utilisant l'abréviation "USD" ou le symbole du dollar continuaient à parvenir à leur destinataire.

Les autorités ont déjà censuré dans le passé la diffusion, sur internet ou par SMS, d'informations sur le cours du dollar, notamment début janvier lors du premier effondrement massif du rial face aux devises étrangères.

A l'époque, le dollar était monté à près de 18.000 rials, contre une moyenne de 13.000 à 14.000 auparavant.

Depuis, la monnaie iranienne n'a cessé de reculer par paliers successifs, victime de la pénurie de devises et de l'inflation galopante provoquées par les sanctions bancaires et pétrolières occidentales contre l'Iran.

Dimanche, la Banque centrale a reconnu son impuissance à contrôler le dévissage de sa monnaie, expliquant que l'Iran était "dans une situation de guerre économique avec le monde".

bur-lma/tp