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10/09/2012 01:12 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

La Banque mondiale préoccupée par le travail au noir en Europe de l'Est

La Banque mondiale s'inquiète de l'ampleur du travail au noir dans certains pays d'Europe de l'Est, qui prive les Etats de ressources "cruciales" à l'heure où l'impact de crise de la zone euro se fait sentir, selon un rapport publié lundi.

"Il est crucial d'intégrer (au secteur légal, ndlr) les travailleurs et les entreprises de l'économie informelle pour assurer à long terme la croissance économique en Europe de l'Est", souligne la BM, qui note que ces pays émergents sont déjà touchés par "la crise de l'euro" et "le vieillissement de la population".

Selon ce rapport, le poids du secteur informel représentait en 2007 près de 40% du produit intérieur brut (PIB) en Bulgarie, près de 30% en Roumanie et plus de 20% en Hongrie, privant les Etats de sources de financement pour leur budget et leur système de protection sociale.

"Les nouveaux Etats membres de l'Union européenne ne peuvent tout simplement pas se permettre d'avoir une imposante économie informelle, pas plus sur le court terme en raison des inquiétudes budgétaires que sur le long terme en raison de la baisse de la population active", a expliqué Katarina Mathernova, une experte de la BM, citée dans le communiqué.

Pour intégrer ce secteur informel à l'économie déclarée, la répression ne suffira pas, assure la Banque mondiale, qui appelle à prendre des mesures fiscales pour rendre le circuit légal "plus attractif", notamment en limitant la taxation du travail.

Pour compenser le manque à gagner qui en résulterait pour les Etats, les experts de la Banque mondiale estiment qu'un impôt progressif sur l'immobilier pourrait être "prometteur".

Avant d'être mise en oeuvre, une "telle réforme devrait être soupesée avec soin en tenant compte de chaque contexte national", prévient toutefois la Banque mondiale.

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