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10/09/2012 07:45 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Israël récuse la demande palestinienne de réviser l'accord économique

Un haut responsable gouvernemental israélien a jugé lundi "pas sérieuse" la demande palestinienne de renégocier le protocole de Paris régissant les relations économiques bilatérales.

"S'ils veulent rouvrir le protocole de Paris, un accord international, ils auraient dû déposer leur demande auprès du ministère des Affaires étrangères, ou auprès du ministère des Finances, ou tout simplement auprès du bureau du Premier ministre", a déclaré ce responsable à l'AFP sous le couvert de l'anonymat.

"Au lieu de cela, ils ont déposé la demande auprès du ministère de la Défense qui n'a rien à voir avec cette histoire. Ce n'est pas sérieux", a-t-il estimé.

"Leur demande n'est pas spécifique, il s'agit d'une demande générale d'ouvrir des discussions sur l'accord. Mais de quoi parle-t-on ?", a souligné le responsable israélien.

"Ils ont déposé cette demande uniquement pour pouvoir dire à leur peuple qu'ils l'ont fait: +'Vous voyez, nous avons fait quelque chose et maintenant les Israéliens s'opposent à notre initiative et tout est de leur faute+. Les Palestiniens n'ont pas d'intention réelle de rouvrir cet accord", a-t-il poursuivi.

Le ministre palestinien des Affaires civiles Hussein al-Cheikh a annoncé dimanche avoir saisi le "gouvernement israélien par l'intermédiaire du ministère de la Défense" d'une demande de réouverture du protocole de Paris en raison de la situation économique en Cisjordanie.

Signé le 29 avril 1994 à Paris, après les accords d'autonomie d'Oslo (1993), ce "protocole économique sur les relations économiques entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP, dont fait partie le Fatah de M. Abbas)" accorde une liberté économique limitée aux Palestiniens.

Il prévoit notamment la rétrocession par Israël des taxes qu'il perçoit pour le compte de l'Autorité palestinienne et interdit que les prix du carburant en zone autonome soient inférieurs de plus de 15% à ceux pratiqués en Israël.

Des milliers de manifestants ont défilé ces derniers jours dans les grandes villes de Cisjordanie pour protester contre la hausse des prix de l'essence, qui ont augmenté de plus de 20% en deux mois, et des produits alimentaires.

En septembre 2011, le président palestinien Mahmoud Abbas avait déjà dit vouloir amender le protocole de Paris, qu'il avait qualifié d'"injuste", car "il contient des restrictions affectant l'économie palestinienne et empêche son développement".

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