NOUVELLES
10/09/2012 07:25 EDT | Actualisé 10/11/2012 05:12 EST

Afrique du Sud: le mouvement de revendication salariale des mineurs s'étend

MARIKANA, Afrique du Sud - Le mouvement de revendication salariale des mineurs sud-africains est entré dans sa quatrième semaine lundi et s'est étendu à de nouvelles exploitations, avec plus de 41 200 grévistes en tout.

À Marikana (nord), point de départ de la contestation et où les violences ont fait un total de 44 morts depuis le 10 août, seuls 6 pour cent des 28 000 ouvriers se sont présentés lundi, selon la direction. Il s'agit de la troisième plus grande mine de platine du monde. Les grévistes menacent de tuer les mineurs ou cadres qui ne respecteraient pas leur mot d'ordre de grève jusqu'à ce que Lonmin accepte de relever le salaire minimum, de 5500 rands (530 euros) actuellement, à 12 500 rands (1205 euros).

Des centaines de mineurs brandissant des lances traditionnelles et des bâtons ont marché en chantant sur l'un des puits de l'exploitation lundi, sous l'oeil de la police en tenue anti-émeute à pied ou dans des voitures blindées.

Plus de 10 000 mineurs se sont mis en grève dimanche soir à la section Ouest de la mine d'or KDC exploitée par Gold Fields International près de Johannesburg (nord-est) et réclament notamment un salaire minimum, selon le groupe. La section Est fonctionnait normalement, selon un communiqué du groupe, qui dénonçait un mouvement «illégal».

Une grève de quelque 12 000 ouvriers du secteur est de l'exploitation du 29 août au 5 septembre dernier avait été réglée par des entretiens entre les responsables nationaux et locaux du Syndicat national des mineurs (NUM), précise GFI.

Dans une deuxième mine de platine, Implats, plus de 15 000 mineurs exigent une augmentation de salaire de 10 pour cent, mais n'ont pas cessé le travail, selon un porte-parole, Johan Theron.

Des mineurs de Marikana s'exprimant sous le couvert de l'anonymat ont confié à l'agence Associated Press qu'ils ne pouvaient plus nourrir leur famille, n'étant plus payés. L'un d'eux a affirmé qu'un usurier refusait de prêter à de nouveaux clients. Ils se sont cependant déclarés déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu'à ce que leurs exigences soient satisfaites.

Lonmin avait espéré une amélioration après la signature d'un accord de paix avec trois gros syndicats la semaine dernière mais les grévistes et un syndicat dissident estiment qu'ils ne les représentent pas. Le gouvernement a obtenu cet accord après que la police a tué 34 mineurs et en a blessé 78 autres le 16 décembre dans des affrontements qui ont fait remonter les souvenirs de l'apartheid. Les derniers de ces mineurs ont été enterrés ce week-end -trois en Afrique du Sud et un au Lesotho.

Des rivalités syndicales sont à l'origine des violentes grèves qui perturbent l'industrie minière sud-africaine, moteur de la première économie d'Afrique. Le syndicat dissident des travailleurs des mines et de la construction (AMCU), a récupéré des milliers d'adhérents du Syndicat national des mineurs (NUM), la plus grosse organisation de travailleurs du pays, qui possède des appuis politiques.

Le président de l'AMCU, Joseph Mathunjwa, a déclaré à l'AP qu'il participerait aux négociations salariales censées commencer lundi à la mine de Lonmin mais qu'il n'accepterait pas que son syndicat soit relégué au rang d'observateur.