NOUVELLES
09/09/2012 12:32 EDT | Actualisé 09/11/2012 05:12 EST

Obama reprend l'offensive anti-Romney avec Medicare

ORLANDO, États-Unis - Barack Obama a profité de son week-end de campagne en Floride pour attaquer à nouveau Mitt Romney sur le dossier Medicare, cette assurance-maladie pour les personnes âgées qui pourrait être mise à mal par le candidat républicain.

Faisant campagne dans cet Etat-clé pour la présidentielle de novembre et qui abrite de nombreux retraités, le président sortant fait son miel d'une étude montrant qu'un homme ou une femme prenant sa retraite à l'âge de 65 ans en 2023 devrait débourser 59 500 $de plus que prévu pendant sa retraite si le programme Romney-Ryan était appliqué.

Celui-ci propose de transformer Medicare en un système de bons (vouchers): ainsi, chaque senior recevra une somme fixe, équivalente à la valeur d'une assurance Medicare aujourd'hui, qu'il pourra utiliser pour souscrire l'assurance de son choix. Toutes les polices d'assurance devront proposer une couverture au minimum égale à celle de Medicare. Si un senior choisit un assureur plus cher que Medicare, il devra payer la différence. S'il choisit une assurance moins chère, il sera libre d'utiliser la différence pour toute autre dépense liée à la santé.

D'après l'étude publiée fin août par le Center for American Progress (CAP), un groupe de réflexion proche des démocrates, la note serait encore plus salée pour ceux qui prendraient leur retraite plus tard. Ainsi, une personne partant à la retraite en 2030 verrait les coûts supplémentaires passer à 124 600.

L'offensive de Romney et de son colistier Paul Ryan contre Medicare n'affecterait pas seulement les futurs retraités, mais aussi les actuels, selon l'étude. Ainsi, la limitation des remboursements des médicaments prescrits que prévoient les républicains en coûterait 11 000 $ de plus à un retraité de 65 ans aujourd'hui.

Il est à souligner que cette étude a été menée par David Cutler. Professeur à Harvard, cet expert en santé publique a servi sous l'administration Clinton et a conseillé M. Obama lors de la campagne présidentielle 2008. Face aux soupçons d'un travail qui serait partisan, il faut toutefois noter que l'essentiel de ses données viennent du Bureau du budget du Congrès américain (CBO), connu pour son indépendance.

En campagne samedi à Kissimmee, au sud d'Orlando, Barack Obama a lancé devant quelque 3000 personnes: "Je veux que vous sachiez que je ne transformerai jamais Medicare en bons. Je pense qu'aucun Américain ne devrait passer les dernières années de sa vie à la merci des compagnies d'assurance. Après une vie de labeur, on doit pouvoir prendre sa retraite dans la dignité et le respect".

Ce message, que le président devait marteler dimanche encore à Melbourne, près d'Orlando, et à West Palm Beach, au nord de Fort Lauderdale, Mitt Romney a compris qu'il devait vite le contrer afin de ne pas voir neutralisée son offensive sur les questions économiques.

Dans un entretien diffusé dimanche dans l'émission "Meet the Press" sur NBC, le candidat se défend en assurant qu'il maintiendra des portions importantes de la législation actuelle. "Il existe bien sûr un certain nombre de choses que j'apprécie dans la réforme du système de santé et que je conserverai", a-t-il dit, comme par exemple le fait d'être couvert par Medicare pour les affections contractées avant la retraite.

M. Romney a aussi promis que les jeunes adultes pourraient continuer d'être couverts par l'assurance-maladie de leurs parents. "J'ai dit qu'on allait remplacer Obamacare. Et je le remplacerai avec mon propre programme", a-t-il dit. "Même au Massachusetts quand j'étais gouverneur, le programme santé concernait les maladies préexistantes et les jeunes gens".