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09/09/2012 12:17 EDT | Actualisé 09/11/2012 05:12 EST

Le gouvernement Netanyahu reconnaît la 1ère université dans une colonie

Le gouvernement Netanyahu a approuvé dimanche le projet controversé de transformer en université un établissement d'études supérieures dans une colonie de Cisjordanie occupée, une décision sans précédent qui est contestée par les milieux universitaires en Israël.

L'initiative gouvernementale, qualifiée "d'importance nationale" dans un communiqué, est à ce stade surtout symbolique car l'agrément final doit revenir à la Cour suprême israélienne et au procureur de l'Etat hébreu.

Lors du conseil des ministre, le Premier ministre israélien a estimé "important qu'il y ait une nouvelle université en Israël et aussi important qu'il y ait une université à Ariel".

Avec près de 20.000 habitants, Ariel, implantation située entre les villes palestiniennes de Ramallah et Naplouse, est l'une des plus grandes colonies de Cisjordanie. Elle se trouve dans une zone sous administration militaire israélienne.

"Je suis en faveur de la fin des monopoles et des cartels dans n'importe quel domaine, y compris dans le domaine universitaire", a ajouté M. Netanyahu, un tenant du libéralisme économique, en soulignant qu'aucune nouvelle université n'avait été créée en Israël depuis 40 ans.

Il a également répété qu'Ariel "fait partie intégrante de l'Etat d'Israël et le restera, quel que soit un futur accord (avec les Palestiniens), tout comme les autres blocs de colonisation".

Toutefois, aux yeux de la communauté internationale, y compris des Etats-Unis alliés d'Israël, toutes les colonies juives de Cisjordanie et de Jérusalem-Est annexée sont illégales.

En juillet dernier, les membres du Conseil pour l'éducation supérieure en Judée-Samarie (Cisjordanie), une instance proche des colons, avaient voté par 11 voix contre 2 en faveur de la reconnaissance du collège d'études supérieures d'Ariel comme université.

Mais, le Conseil de l'enseignement supérieur en Israël, qui régit les sept universités installées sur le territoire israélien, s'est à nouveau opposé au changement de statut en qualifiant cette démarche de "politique" et en déposant un recours à la Cour suprême contre cette décision.

Des membres de ce Conseil ont déjà exprimé la crainte du préjudice que pourraient subir les autres universités israéliennes du fait de la création controversée d'une université dans une colonie alors qu'elle font déjà face à des menaces de boycottage à l'étranger.

Par ailleurs, le Conseil considère que l'institut d'Ariel n'a pas le niveau suffisant pour accéder au titre d'université.

De nombreux universitaires et intellectuels de gauche en Israël ont pétitionné contre l'initiative du gouvernement Netanyahu, qui bénéficie du soutien politique du lobby des colons.

La dirigeante du petit parti de gauche Meretz, Zehava Galon, a dénoncé "les priorités tordues d'un gouvernement d'extrême droite", estimant qu'elles contribueraient à isoler un peu plus Israël sur la scène internationale.

Créé en 1982, l'institut d'Ariel accueille 12.000 étudiants dans quatre facultés (sciences médicales, ingénierie, sciences naturelles, sciences sociales), et dispose de deux établissements d'enseignement de l'architecture et des télécommunications.

Sa reconnaissance comme université doit lui apporter d'importants financements supplémentaires et la capacité de délivrer des diplômes supérieurs.

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