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09/09/2012 10:34 EDT | Actualisé 09/11/2012 05:12 EST

Barry envahi par l'émotion

La famille Barry attendait sur le bord de la clôture que Michael ait terminé sa journée de travail. Oh! Le Grand Prix de Montréal connaissait son gagnant depuis une bonne dizaine de minutes maintenant, mais le Canadien partageait ses impressions, mais surtout ses émotions, avec les quelques journalistes qui l'entouraient.

Un texte de Manon Gilbert

Barry n'a pas réalisé d'exploit particulier dimanche, si ce n'est d'avoir aidé son chef de file désigné Edvald Boasson Hagen à finir 5e. Et c'est un autre de ses coéquipiers chez Sky, Lars Petter Nordhaug, qui a triomphé.

De quoi célébrer dans le camp de la formation britannique qui savourait la 100e victoire depuis sa création en 2010. Pour Barry, par contre, le coeur n'était pas nécessairement à la fête.

Parce que quand son odomètre a indiqué 205,7 km, Barry venait de conclure sa dernière course en sol canadien. Le 13 octobre, à l'issue du Tour de Pékin, il mettra un terme à sa carrière après 14 saisons comme professionnel.

« Je pensais à cela quand j'ai mis mes numéros hier soir. C'est ma dernière course au Canada et c'est spécial. C'était agréable d'entendre les gens m'encourager. C'était quelque chose de très émouvant dont je vais me rappeler toute ma vie. »

Pour l'occasion, sa femme Dede (une ex-cycliste américaine, médaillée d'argent au contre-la-montre des Jeux d'Athènes) et ses deux fils Liam, 7 ans, et Ashlian, 5 ans, avaient fait le voyage de Gérone, en Espagne, où toute la petite famille habite depuis toujours.

Son père Michael, un ancien coureur britannique qui a tenu une boutique de vélo à Toronto jusqu'en 2007, et sa mère, eux, ont emprunté la 401 pour ne rien rater de l'événement. Comme ils l'ont fait de 1988 à 1992 quand Montréal accueillait le Grand Prix des Amériques et que Michael ne voulait rien rater des prouesses de ses idoles.

D'ailleurs, on pouvait lire la fierté sur les visages de ses parents et de sa femme. Les garçons, eux, ne réalisaient pas l'ampleur du moment.

« C'était très important d'avoir la famille. Ils ne pouvaient pas venir souvent aux courses. L'année dernière, il n'avait pas pu venir. Cette année, j'ai dit : j'aimerais bien si vous étiez tous là. Il y avait des moments quand je voyais mes enfants au bord de la route et que les gens m'encourageaient..., mais il y avait un travail à faire », a dit l'Ontarien, la voix nouée par l'émotion.

Barry aurait voulu obtenir un meilleur résultat que sa 57e place, à 28 secondes de Nordhaug. Mais même avant le départ, il savait qu'il ressentait encore les séquelles du Grand Prix de Québec deux jours plus tôt, où il avait fini 21e à sa première course en deux mois.

« Je me suis surpris un peu à Québec. J'espérais bien récupérer pour aujourd'hui, mais mes jambes étaient encore douloureuses en début de course. Je savais ce matin que la course allait être dure. C'est un parcours très difficile. Quand je me suis réveillé, je pensais à l'arrivée. Je suis content d'être ici maintenant », a blagué le vétéran de 36 ans qui s'est fracturé le coude gauche pour la deuxième fois en cinq mois en juillet dernier.

La relève assurée

Après Steve Bauer et bien avant Ryder Hesjedal, Barry a longtemps porté seul le flambeau du cyclisme canadien sur le Vieux-Continent. Maintenant, il laisse son sport au moment où il n'a jamais été aussi en santé avec les Veilleux, Rollin, Roth et compagnie.

« C'est très encourageant de voir tous les Canadiens au niveau mondial. Je pense qu'il y a beaucoup de champions dans le futur du vélo canadien. »

De ce côté-ci de l'Atlantique, ses résultats ont fait peu de vagues, d'autant plus qu'il a surtout voué sa carrière au service d'illustres compagnons de route comme Lance Armstrong, George Hincapie, Mark Cavendish ou Bradley Wiggins plus récemment.

« Plusieurs coureurs m'ont dit pendant la course que j'avais fait une super carrière et m'ont souhaité bonne chance pour le futur. D'entendre ça, pas seulement des coéquipiers de l'équipe canadienne ou de Sky, mais des coureurs du peloton avec qui j'ai courus depuis une dizaine d'années, ça m'a fait quelque chose. C'est toujours gentil d'entendre ces compliments », a confié le père de famille, 7e aux Championnats du monde de 2007 et 9e aux Jeux olympiques de Pékin.

Barry risque de s'attirer encore les éloges de ses compères au Tour de Pékin où l'émotion sera vraiment à son comble, prétend-il. Parce que, cette fois, il n'y aura pas de lendemain.