NOUVELLES
08/09/2012 05:21 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

Syrie: le chef de la diplomatie belge évoque le "devoir d'ingérence"

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a évoqué samedi à Chypre le principe du "devoir d'ingérence" en Syrie si aucun point d'ancrage ne pouvait être trouvé avec la Russie et la Chine au Conseil de sécurité.

"Nous avons de plus en plus le sentiment qu'on entre petit à petit dans une guerre civile de longue durée" en Syrie, a-t-il confié à l'AFP en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Paphos (Chypre).

Or "le débat qui se pose est: est-ce qu'on laisse s'installer cette guerre civile, qui sera de plus en plus violente (...) ou est-ce qu'on estime que le devoir d'ingérence doit à un moment donné prendre le dessus".

"Est-ce qu'on reste dans le cadre du Conseil de sécurité, et du veto, et pendant combien de temps ?", a-t-il jugé, faisant allusion aux veto russe et chinois à des résolutions condamnant le régime de Bachar al-Assad.

Si devoir d'ingérence il y a, "il faut que ça se fasse avec les pays de la région", et donc en coordination avec les pays arabes.

"Je reste convaincu qu'on devrait mettre en place des corridors ou des zones d'exclusion, mais on sent bien qu'on ne progresse pas là-dessus", du fait notamment des veto russe et chinois, a affirmé le ministre.

Il a suggéré en outre la mise en place d'une mission d'observateurs internationaux pour sécuriser les hôpitaux en Syrie.

"Pourquoi ne pas essayer de convaincre aussi du côté russe et chinois d'une action à l'égard d'un certain nombre d'hôpitaux qui seraient protégés et ouverts à l'ensemble des blessés de quelque camp que ce soit?".

Cela "pourrait se faire avec une observation depuis l'extérieur, mais aussi en renvoyant des observateurs (...) pour observer un certain nombre d'hôpitaux", a jugé M. Reynders.

Une mission d'observateurs de l'ONU avait été déployée en avril en Syrie pour surveiller un cessez-le-feu et s'était achevée à la mi-août sans parvenir à mettre fin aux violences.

Il faudrait, outre le soutien des Russes et des Chinois, obtenir aussi bien l'accord du régime que de l'opposition, a-t-il précisé, ajoutant que le Comité international de la Croix-Rouge "est prêt à aider".

Les ministres européens des Affaires étrangères sont réunis depuis vendredi à Paphos pour discuter notamment de la Syrie.

yo/feb/vl