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08/09/2012 10:16 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

Mondial-2014/Qualifications - L'Italie redescend sur terre

Le match nul (2-2) concédé par l'Italie contre la Bulgarie vendredi à Sofia lors des qualifications pour le Mondial-2014 a fait redescendre sur terre le vice-champion d'Europe, incapable de proposer à nouveau le football si séduisant qu'elle avait développé lors de l'Euro 2012.

Pire, si le résultat final s'apparente à une contre-performance, l'Italie peut s'estimer heureuse d'être repartie de Sofia avec le point du match nul. A plusieurs moments, la Nazionale est apparue dépassée par les évènements.

"La Bulgarie s'est plus comportée comme une équipe que nous. Lors de l'Euro-2012, on récupérait la balle et on repartait. Il nous a manqué cela ce soir", a déploré le sélectionneur Cesare Prandelli.

"Ils nous ont pressé, nous avons tout simplement subi leur jeu", a commenté au micro de Rai 1 le défenseur Andrea Barzagli.

Au coup d'envoi, Prandelli avait opté pour un schéma en 3-5-2. Or, la ligne de trois défenseurs, composée de Barzagli, Bonucci, et Ogbonna n'a pas présenté de solides garanties, laissant par moment des boulevards à l'attaque bulgare, comme sur l'égalisation de Milanov, laissé seul aux onze mètres.

Lors des dix matches comptant pour les qualifications à l'Euro 2012, l'Italie n'avait encaissé que deux buts, un compte déjà atteint après 90 minutes contre la Bulgarie...

Forcément insatisfait, Prandelli a d'ailleurs changé de module en cours de match, terminant la rencontre avec un 4-3-1-2.

Outre son option tactique, d'autres choix de l'ancien coach de la Fiorentina peuvent d'ailleurs prêter à discussion: les trois remplacements effectués en l'espace de dix minutes n'ont pas été décisifs, et la blessure de De Rossi en fin de match a contraint les Azzurri à terminer la rencontre à dix.

En attaque, le duo inédit composé de Giovinco et Osvaldo ne s'est pas illustré par sa complicité. Si Osvaldo a été la grande satisfaction de la soirée, ses deux buts ne doivent rien à son partenaire d'un soir. Car la "Fourmi atomique", qui joue à la Juventus, a été décevante, laissant sa place à Destro, plus vif, à quinze minutes de la fin.

"Giovinco m'a plu, et nous avons besoin de joueurs comme Osvaldo. Ce n'est que le début", a toutefois défendu le Mister. Cette déclaration d'après-match n'a pas suffi à faire oublier les absences de Balotelli, opéré d'un oeil cette semaine, et de Cassano, encore à 50%.

Difficile pour autant de blâmer deux joueurs auteurs d'un excellent début de saison avec leur club respectif, d'autant que hormis Osvaldo, l'essentiel du onze italien a été un ton en-dessous par rapport à ses standards habituels.

Buffon, d'habitude irréprochable, n'est ainsi pas exempt de tout reproche sur le premier but bulgare. Et Pirlo, coutumier des performances extraordinaires, s'est contenté d'une partie correcte, entachée de quelques petites imprécisions.

Mardi contre Malte, l'Italie devra retrouver l'esprit qui l'animait il y a deux ans, lorsque Prandelli avait pris ses fonctions. La Nazionale sortait alors du fiasco sud-africain, repartait de zéro et affichait une grande humilité. Vendredi soir, elle revêtait le costume de finaliste, certes surprise, du dernier Euro, et a sans doute, consciemment ou non, pris son adversaire de haut.

Revoilà l'Italie obligée de se remettre en question pour repartir de l'avant et retrouver l'identité de jeu qu'elle s'est trouvée l'été dernier. Un mal pour un bien: les deux dernières années ont montré que les hommes de Prandelli vivaient mieux de doutes que de certitudes.

ldc/nip