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08/09/2012 09:00 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

Les Européens veulent renforcer les sanctions contre la Syrie

Un "consensus" s'est dégagé samedi pour le renforcement des sanctions européennes contre le régime du président syrien Bachar al-Assad, a indiqué samedi la ministre chypriote des Affaires étrangères, Erato Kozakou-Marcoullis, dont le pays préside l'UE.

"Il y a consensus (...) sur l'augmentation des sanctions en Syrie", a-t-elle déclaré devant des journalistes à l'issue d'une réunion à Paphos (Chypre) avec ses homologues de l'Union européenne.

Il s'agirait du 18ième train de sanctions décidé depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

"Si on veut faire bouger les choses, il faut qu'à l'égard du clan de Bachar Al-Assad les sanctions soient renforcées", a estimé pour sa part le ministre français Laurent Fabius, précisant avoir "senti un très large rassemblement" lors du débat entre les ministres.

Ces derniers sont également d'accord pour "renforcer le soutien à l'opposition unie, et en particulier au travail que fait l'émissaire international Lakhdar Brahimi", a-t-il précisé.

"Il y a un sentiment général qu'il faut augmenter la pression sur le régime pour que cesse la violence, et que l'aide humanitaire puisse arriver dans tout le pays", a confirmé le ministre espagnol José Manuel Garcia Margallo.

Certains, comme le Suédois Carl Bildt, sont toutefois prudents à l'égard d'un renforcement des mesures européennes, décidées unilatéralement du fait du véto russo-chinois à l'ONU. "Nous pouvons le faire même si je ne pense pas que cela ait eu des effets majeurs" jusqu'ici sur le terrain, a jugé M. Bildt.

"Nous devons être prudents", a-t-il insisté, rappelant avoir eu des "expériences négatives" par exemple avec les sanctions visant la compagnie Syrian Airlines, qui ont eu selon lui pour conséquence de bloquer de nombreux ressortissants européens en Syrie.

La Suède s'est jusqu'ici opposée à ce qu'une compagnie de télécoms liée à sa compagnie Ericsson soit listée par l'UE.

Selon Mme Kozakou-Marcoullis, les ministres ont également dégagé un consensus sur "l'approche européenne en ce qui concerne la situation humanitaire", notamment dans les pays voisins de la Syrie.

L'UE a porté vendredi son aide à plus de 200 millions d'euros, et plusieurs pays ont promis d'en faire encore davantage. Les Européens vont envoyer de l'aide "massivement dans les prochaines semaines et mois, avant tout dans des pays comme la Turquie, la Jordanie et le Liban, qui sont confrontés avec la question des réfugiés", a précisé le Luxembourgeois Jean Asselborn.

Alors que la situation est bloquée au Conseil de sécurité de l'ONU, les Européens doivent tenter de convaincre ses membres à bouger au moins sur le plan humanitaire, "pour obtenir un accès aux dizaines de milliers de blessés et aussi aux hôpitaux, pour qu'ils soient protégés et sécurisés", a jugé M. Asselborn.

Son homologue belge Didier Reynders a préconisé l'envoi d'une mission d'observateurs internationaux à cette fin, tandis que le Français Laurent Fabius s'est dit ouvert à l'idée. "Il y a un droit humanitaire qui existe, il faut que ce droit soit respecté. Il faut évidemment que le libre accès aux hôpitaux soit assuré, ce qui n'est pas le cas actuellement".

yo/feb