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08/09/2012 03:29 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Le Parlement somalien doit choisir lundi un nouveau président au pays

Le Parlement somalien doit choisir lundi un nouveau président pour le pays, ravagé par plus de 20 ans de guerre civile et d'instabilité politique.

L'élection du président de la Somalie, à laquelle 25 personnes, dont le président sortant Sharif Cheikh Ahmed, sont candidates, doit parachever un processus politique parrainé par l'ONU et destiné à doter le pays d'institutions stables.

Déjà reportée plusieurs fois, elle doit officiellement mettre un terme à une longue période de transition, alors que les autorités, soutenues à bout de bras ces dernières années par la communauté internationale, ont été incapables de rétablir une autorité centrale dans le pays.

La Somalie est livrée aux chefs de clans, seigneurs de guerre, groupes islamistes et autres gangs depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

Plusieurs analystes ont exprimé leur scepticisme à l'approche de l'élection, estimant que le processus en cours risquait de reconduire au pouvoir les mêmes figures, dont le nom est parfois associé à des scandales de corruption, notamment de détournement d'aide humanitaire.

"Nous ne sommes qu'à quelques jours d'une élection présidentielle historique," déclarait cependant cette semaine l'envoyé spécial des Nations unies pour la Somalie, Augustine Mahiga, louant les efforts dans le pays pour "avancer vers (un système) plus légitime et représentatif".

"L'avenir de la Somalie dépend du vote de chacun des députés," poursuivait-il, appelant les parlementaires à élire le président qui, à leurs yeux, serait le mieux à même de diriger le pays, sans céder à d'éventuelles pressions extérieures.

Plus de 250 députés, eux-mêmes désignés par un comité de chefs coutumiers, doivent choisir le président dans un scrutin à bulletin secret.

Sharif Cheikh Ahmed, élu en 2009 après avoir rallié les institutions de transition qu'il combattait auparavant à la tête d'une rébellion islamique, est un personnage controversé de la politique somalienne.

En juillet, un rapport de l'ONU estimait que sous son mandat, "détournements de fonds systématiques, accaparement pur et simple de fonds et vols d'argent public sont devenus des systèmes de gouvernement".

Parmi ses adversaires à la présidentielle figure le Premier ministre Abdiweli Mohamed Ali, formé aux Etats-Unis.

Chacun des candidats à dû débourser 10.000 dollars pour entrer dans la course.

L'approche de la présidentielle a donné lieu à de féroces affrontements, orchestrés autour des lignes claniques au coeur de la vie politique somalienne. Le Conseil de sécurité de l'ONU a mis en garde contre des pratiques "d'intimidation", se disant prêt à "des actions contre les individus dont les actes menacent la paix, la stabilité ou la sécurité de la Somalie".

L'ambassadeur britannique auprès de la Somalie, Matt Baugh, a cependant affirmé cette semaine que le président sortant, comme son Premier ministre, avaient tous deux assuré qu'ils respecteraient le "résultat de l'élection".

Le vote, qui pourrait encore être repoussé, sera supervisé par le nouveau président du Parlement, "le speaker", Mohamed Osman Jawari. Ex-ministre sous Siad Barre, il est lui-même un vétéran de la politique somalienne.

Une victoire au premier tour nécessitera au moins deux tiers des votes. Si personne ne recueille autant de suffrages, les quatre candidats arrivés en tête du premier tour s'affronteront dans un deuxième tour également à la majorité qualifiée. A défaut, un troisième tour départagera, à la majorité simple, les deux candidats sortis en tête au tour précédent.

Le processus politique en Somalie se déroule alors que la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui intervient en soutien des forces pro-gouvernementales somaliennes, a enregistré une série de progrès militaires contre la principale rébellion du pays, celle des islamistes shebab.

Les shebab, ralliés à Al-Qaïda, ont été chassés de la capitale Mogadiscio en août 2011 et ont perdu ces derniers mois plusieurs bastions, confrontés aux offensives conjuguées de l'Amisom et des troupes éthiopiennes, entrées en novembre en Somalie.

Mais ils continuent de contrôler de larges portions du centre et et du sud somaliens et restent, selon les analystes, une sérieuse menace au rétablissement de la paix en Somalie.

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