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08/09/2012 07:58 EDT | Actualisé 08/11/2012 05:12 EST

L'armée égyptienne dit avoir tué 32 "criminels" dans le Sinaï

L'armée égyptienne a déclaré samedi avoir tué 32 "éléments criminels" au cours de l'opération d'envergure qu'elle mène depuis un mois dans la péninsule du Sinaï, assurant qu'elle se faisait en coordination avec Israël et se poursuivrait tant que cela serait nécessaire.

Ces opérations ont été engagées après une attaque menée le 5 août à proximité de la frontière avec Israël et la bande de Gaza par des hommes armés soupçonnés d'être des extrémistes islamistes. Cet assaut avait coûté la vie à 16 gardes-frontière égyptiens.

Le porte-parole de l'armée, le colonel Ahmed Mohammed Ali, n'a pas donné plus de précisions sur les 32 personnes tuées, notamment sur leur nationalité.

Il a ajouté lors d'une conférence de presse que 38 personnes, comprenant des "non-Egyptiens", avaient également été arrêtées lors de "l'opération Sinaï" lancée le 7 août. Certaines sont impliquées dans du trafic de drogue, a-t-il dit.

"L'opération va continuer jusqu'à ce qu'elle atteigne ses objectifs, qui ne sont pas uniquement militaires", a-t-il déclaré, en précisant que les autorités cherchaient "aussi à développer le Sinaï", une des régions les plus déshéritées d'Egypte.

Le porte-parole a assuré que le déploiement militaire dans ce secteur dont les accords de paix israélo-égyptiens de 1979 prévoient la démilitarisation se faisait en "coordination" avec l'Etat hébreu, comme le traité en laisse la possibilité.

"Notre présence (se fait) dans le cadre de la coordination" avec les Israéliens, a-t-il assuré, ajoutant que "le déploiement des forces armées, dans tout le territoire du Sinaï, ne viole pas le traité de paix entre l'Egypte et Israël".

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait exprimé le 30 août l'espoir que l'armée égyptienne retire les renforts déployés dans le Sinaï une fois cette opération, officiellement motivée par la lutte antiterroriste, achevée.

"S'il faut que les Egyptiens fassent entrer des forces dans le Sinaï, qu'ils le fassent et qu'ils les retirent une fois cette opération terminée, je pense que c'est ainsi qu'ils agiront, mais on verra", avait dit M. Barak.

Le quotidien israélien Maariv avait rapporté le 21 août que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait envoyé un message à l'Egypte pressant Le Caire de retirer immédiatement ses chars déployés dans le Sinaï.

Le département d'Etat américain avait appelé les deux pays à "poursuivre leur dialogue, à se parler directement".

Israël a vu avec inquiétude la puissante confrérie des Frères musulmans, dont est issu le nouveau président Mohamed Morsi, accéder au pouvoir après la révolte qui a chassé Hosni Moubarak en février 2011, craignant pour le traité de paix.

Le colonel Ali a ajouté que 31 tunnels reliant clandestinement l'enclave palestinienne de Gaza au territoire égyptien avaient été détruits dans ces opérations, qui ont également permis de saisir des armes automatiques ainsi que des lance-roquettes et leurs munitions.

Mais "il y a 225 tunnels principaux et chacun a de deux à trois ouvertures", a-t-il précisé.

Ces tunnels servent à ravitailler la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas et soumise à un blocus israélien. Les Israéliens affirment qu'ils servent à des trafics d'armes, en plus des marchandises acheminées.

Le colonel Ali a assuré que l'armée cherchait à stabiliser la péninsule dans le respect de la loi. "Nous n'utilisons les armes que contre ceux qui utilisent les armes", a-t-il dit.

Le Sinaï connaît un regain d'instabilité depuis la chute de Hosni Moubarak, avec notamment une intensification des activités de groupes radicaux et de nombreuses attaques contre les forces de l'ordre ainsi que contre le gazoduc qui alimente Israël.

La région est majoritairement peuplée de Bédouins, qui accusent le pouvoir central de délaisser la péninsule en dehors des grandes stations touristiques de la mer Rouge, et de marginaliser sa population.

Les services de sécurité ont indiqué samedi qu'un poste de police du nord-Sinaï avait été attaqué à l'aube par des inconnus armés, sans qu'il y ait de blessés.

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