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07/09/2012 12:52 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Un Obama plus grave, pour sa deuxième investiture

Il a répété une dizaine de fois le mot espoir, mais l'enthousiasme quasi-messianique de 2008 n'était plus là, et c'est un Barack Obama plus grave qui a demandé jeudi aux Américains de lui offrir quatre ans de plus à la Maison Blanche.

Quelque 15.000 personnes s'étaient massées dans un complexe sportif de Charlotte pour l'écouter, au dernier jour de la convention démocrate. Ses filles, Sasha et Malia, très rares apparitions dans la campagne, étaient au premier rang avec leur mère Michelle. La foule avait été chauffée à blanc, par des dizaines d'intervenants dans l'après-midi.

Et le président a tout fait pour les convaincre qu'il saurait les mener vers "un avenir meilleur", s'ils lui en donnaient le temps.

"Pas question de retourner en arrière", a-t-il insisté, alors que la foule, dans un scénario parfaitement réglé, agitait des affichettes sur lesquelles était écrit "en avant".

"Je ne prétends pas que le chemin que j'offre est rapide est facile, mais vous m'avez élu pour vous dire la vérité. Et la vérité est qu'il nous faudra davantage que quelques années pour résoudre des problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies", a-t-il ajouté sous les applaudissements.

La foule l'a applaudi debout une douzaine de fois, a ri parfois, comme quand il a dit à ses filles qu'il n'était pas question qu'elles n'aillent pas à l'école vendredi, a hurlé parfois son enthousiasme.

Mais le rire semblait moins entier, l'adhésion plus convenue, que lors du discours de l'ancien président Bill Clinton mercredi soir, auxquels les démocrates avaient fait un triomphe.

Pendant près de six heures avant le discours de Barack Obama, les délégués démocrates avaient été chauffés à blanc par les intervenants se succédant à la tribune.

Entre des vidéos à la gloire de leur président, égrénant la liste de ses succès - la mort d'Oussama ben Laden étant de loin le plus applaudi --, ils ont entendu l'ancienne gouverneur du Michigan Jennifer Granholm raconter le poing levé comment il avait sauvé l'industrie automobile; l'actrice Eva Longoria parler de sa vie, et leur demander de croire au rêve américain; l'ancien candidat démocrate à la présidence John Kerry ridiculiser la vision de Mitt Romney en politique étrangère.

Le parterre a dansé sur la musique des Foo Fighters, hurlé "nous sommes prêts" quand dans une vidéo, le président a insisté sur le fait qu'un vote pouvait changer le monde.

Des milliers de démocrates ont scandé "USA, USA", quand le vice-président Joe Biden a promis de poursuivre jusqu'au bout du monde ceux qui s'attaqueraient à des Américains innocents, et répété extatiques avec lui "Oussama ben Laden est mort et General Motors est vivant".

Ils jubilaient debout, quand il a mis en pièce le programme du républicain Mitt Romney, ont ravalé leurs larmes quand il a évoqué les 6.473 morts en Irak et Afghanistan.

Et la fête n'aurait pas été complète sans les deux filles du président, qui après l'avoir écouté gracieusement assises au premier rang, sont montées sur scène pour l'embrasser pour une jolie photo de famille.

Les incontournables confettis ont terminé la soirée, mais aucun ballon. Et même le président des Etats-Unis n'y pouvait rien. Les discours prévus dans un stade à ciel ouvert, avaient été repliés jeudi à l'intérieur en raison du mauvais temps, ne donnant pas le temps aux organisateurs de les réinstaller.

bd/lb