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07/09/2012 08:29 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Tunisie: des milliers d'islamistes manifestent pour "assainir" le pays

Plusieurs milliers de personnes, essentiellement des sympathisants du parti islamiste au pouvoir Ennahda, manifestaient vendredi à Tunis pour appeler le gouvernement à "assainir" le pays des complices du régime déchu, en particulier au sein des médias et de l'opposition.

La foule, réunie sur la place de la Kasbah, où se trouve le siège du gouvernement, réclame une purge accélérée dans les administrations, les médias et le monde politique des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, selon un journaliste de l'AFP.

"Serrez la vis", "RCD dégage", "Le peuple veut l'assainissement de la justice", "Le peuple veut l'assainissement des médias", proclamaient les pancartes des manifestants, qui brandissaient aussi des drapeaux tunisiens et d'Ennahda.

La manifestation a été organisée via les réseaux sociaux par un mouvement informel baptisé "Ekbes" (Magne-toi), proche d'Ennahda, et nombre de participants sont venus de province à bord d'autocars, a constaté le journaliste de l'AFP.

Le 1er septembre, un premier rassemblement de ce type avait réuni quelques centaines de personnes.

Officiellement, Ennahda ne fait que soutenir la manifestation et n'a pas participé à son organisation, bien qu'Ekbes ait été lancé par les jeunesses du parti islamiste et que de nombreux cadres de cette formation soient venus, concentrant leurs attaques sur les médias et l'opposition.

"Les médias ne rapportent pas la vérité sur les accomplissements du gouvernement dans les régions", a lancé Riadh Chaïbi, un haut responsable d'Ennahda.

Les islamistes sont en conflit ouvert avec plusieurs médias publics après avoir nommé des proches à leur tête, faisant craindre aux rédactions l'ingérence du pouvoir politique dans leurs lignes éditoriales. Ennahda assure simplement écarter des personnalités corrompues de l'ancien régime.

M. Chaïbi a aussi attaqué l'Appel de la Tunisie, le parti de l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, chef du deuxième gouvernement post-révolutionnaire, qui gagne en popularité et où, selon les islamistes, les partisans de l'ancien régime seraient légion.

"L'Appel de la Tunisie est le nouveau RCD!", a-t-il dénoncé. "Nous oeuvrons pour que l'Assemblée nationale constituante adopte une loi empêchant les RCDistes de faire de la politique pendant 10 ans", a-t-il ajouté.

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