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07/09/2012 01:55 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Syrie : attentats et combats sur fond de crise humaine

La Syrie a été le théâtre d'au moins trois attentats et de nombreux combats entre rebelles et troupes régulières du régime du président Bachar Al-Assad, jeudi. Les attentats ont fait au moins cinq morts, tous des soldats de l'armée régulière.

Un attentat à la voiture piégée a secoué le quartier cossu de Mazzeh, à Damas. La bombe a explosé près du palais de justice et du ministère de l'Information, selon la télévision d'État, qui a qualifié l'attentat de « terroriste ».

Deux heures plus tôt, un autre attentat a fait cinq morts parmi les forces armées syriennes. Une moto piégée a explosé à la sortie d'une mosquée dans le nord de Damas, après la prière du vendredi.

Une autre bombe a explosé dans le quartier de Salhiyé, dans le centre de la capitale, blessant quelques soldats.

De nombreux attentats sont survenus depuis le début de la révolte contre le pouvoir du président Al-Assad en mars 2011. Le plus meurtrier avait fait 55 morts et 372 blessés, le 10 mai dernier, dans le quartier populaire de Qazzaz. Un groupe islamiste a revendiqué certaines de ces attaques, alors que le pouvoir et les rebelles s'accusent mutuellement d'être responsables des attentats.

Par ailleurs, des combats ont éclaté entre rebelles et troupes régulières à Damas. Des centaines de soldats ont également pris d'assaut une localité à proximité de la capitale, selon une ONG. L'Observatoire des droits de l'homme (OSDH) rapporte également des bombardements de l'aviation syrienne dans des villes comme Alep, dans le nord. À Qazzaz, dans le sud-est du pays, les forces armées syriennes ont arrêté des dizaines d'hommes, à la suite de combats.

À Tadamoun, un quartier rebelle de Damas, les rebelles ont tué quatre soldats dans l'attaque d'un véhicule de l'armée. Dans la province de Damas, des centaines de soldats, appuyés par des véhicules lourds, ont attaqué la ville de Babbila afin d'y écraser des poches rebelles. Des soldats ont investi la localité où se sont retranchés des insurgés. « Cette localité, ainsi que celle de Yalda, est à la lisière de quartiers rebelles de Damas comme Tadamoun et fait l'objet de grandes opérations militaires pour la contrôler », a expliqué le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le bilan des violences de la journée s'élève à 61 morts, dont 29 civils, 19 soldats et 13 rebelles, selon l'OSDH. Les corps de 16 hommes ont été retrouvés à Harasata dans la province de Damas. Certains corps portaient des marques de torture. Cette découverte survient au lendemain de la découverte de 45 corps dans la même région.

Violences sur fond de crise humaine

Les violences qui secouent la Syrie ont provoqué le déplacement de 1,2 million de personnes depuis le début du conflit armé. Plus de 246 000 personnes se sont réfugiées dans les pays voisins (81 000 en Jordanie, 78 000 en Turquie, 64 000 au Liban et 21 000 en Irak). Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Adrian Edwards, il ne s'agit que de la pointe de l'iceberg. « Ils ne correspondent qu'aux enregistrements (ou aux enregistrements en attente) », a-t-il précisé.

Le président du Comité international pour la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, a rencontré le président Al-Assad à ce sujet. « Le président Al-Assad est d'accord sur la nécessité d'augmenter l'aide humanitaire de façon urgente en facilitant l'acheminement des ressources qui nous permettraient d'intensifier nos activités et de répondre de façon adéquate aux besoins en forte croissance », a expliqué M. Maurer.

Le HCR dit envisager d'ouvrir d'autres centres d'accueil en Jordanie en raison de l'augmentation du nombre de réfugiés.En Irak, un nombre record de 1100 réfugiés sont arrivés de Syrie au cours de la seule journée de jeudi alors qu'un poste frontalier entre les deux pays était fermé. Dans le nord du Liban, ce sont 2400 personnes qui ont été enregistrées au cours de la semaine.

Les femmes seraient doublement victimes des violences, selon des réfugiés. Les autorités syriennes auraient uniquement autorisé le passage des hommes à certains postes frontière, obligeant les femmes à payer 1000 $ à des rebelles afin de passer illégalement la frontière.

Outre les Syriens qui fuient leur pays, les anciens réfugiés irakiens - qui avaient trouvé refuge en Syrie - font maintenant le voyage inverse pour retourner dans leur pays d'origine. Des dizaines de milliers d'Irakiens se trouvent toujours en Syrie de même que quelque 200 000 Palestiniens.