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07/09/2012 10:26 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Sursis pour une fillette pakistanaise passible de la peine de mort

Une jeune chrétienne pakistanaise accusée de blasphème antimusulman a été libérée sous caution vendredi par la justice du pays.

La jeune fille de 11 ans aurait été victime d'un coup monté ourdi par un imam pour la faire arrêter et châtier.

Rimsha Masih avait été arrêtée à la mi-août après que des voisins l'eurent accusée d'avoir brûlé des pages du Coran. Un crime pour lequel elle risquait la peine de mort. Lors de l'enquête, les soupçons de la police se sont cependant tournés vers un imam nommé Khalid Jadoon Chishti.

Ce dernier est soupçonné sur la base de plusieurs témoignages d'avoir lui-même déchiré des pages du livre saint et d'avoir placé les morceaux dans un sac de la fillette contenant des papiers brûlés.

L'imam a été arrêté et demeure détenu en attendant la suite des procédures judiciaires qui pourraient être entreprises contre lui.

Quant à la jeune fille originaire du village de Mehrabadi, près d'Islamabad, elle a pu être libérée en échange d'une caution de 1 million de roupies (environ 10 000 $CA). La justice pakistanaise a expliqué qu'elle lui avait imposé une caution pour éviter qu'elle ne quitte le pays, car l'enquête n'est pas encore terminée dans cette affaire.

Bien qu'elle ait été disculpée, l'enfant de 11 ans ne pourra probablement pas retourner dans son village, où elle risque d'importantes représailles de la population locale.

Il est en effet fréquent au Pakistan que des personnes accusées de blasphème soient lynchées par la foule, et ce, même si elles ont été déclarées innocentes par la justice.

Le cas de Rimsha Masih a fait grand bruit dans la communauté internationale où les groupes de défense des droits de la personne dénoncent les lois pakistanaises qui condamnent tout propos ou acte contre l'islam ou le prophète Mahomet.

Les détracteurs de cette loi jugent que sa terminologie vague encourage tous les abus et alimente la discrimination contre les minorités religieuses, particulièrement contre les chrétiens qui sont régulièrement l'objet de telles accusations dans le pays.

En mars 2011, le ministre des Minorités religieuses du Pakistan, Shahbaz Bhatti, a été assassiné pour avoir réclamé l'abolition de cette loi qui prévoit la peine de mort pour ceux et celles qui blasphèment contre le Coran, l'islam ou son prophète.

Les chrétiens, qui représentent moins de 2 % des quelque 170 millions de Pakistanais, sont régulièrement l'objet de violences, d'attentats ou d'accusations de blasphème.