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07/09/2012 01:28 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Obama et Romney abordent la dernière ligne droite avant la présidentielle

WASHINGTON - Barack Obama, désormais officiellement candidat démocrate à un second mandat à la Maison-Blanche, et son adversaire républicain, Mitt Romney, se sont lancés vendredi dans la dernière ligne droite avant l'élection présidentielle du 6 novembre. Les nouveaux chiffres décevants du chômage ont dominé cette journée de campagne dans le New Hampshire et l'Iowa.

Le gouvernement fédéral a annoncé que le chômage avait légèrement baissé en août, à 8,1 pour cent de la population active contre 8,3 pour cent le mois précédent, mais ce recul est essentiellement dû aux personnes ayant renoncé à chercher un travail. «Ce n'est pas assez. Nous savons que ce n'est pas assez», a réagi le chef de l'État en déplacement dans le New Hampshire.

«Après 43 mois consécutifs de chômage au-dessus des 8 pour cent, il est clair que le président Obama n'a tout simplement pas tenu ses promesses et que sa politique n'a pas réussi», a commenté Mitt Romney dans un communiqué, alors qu'il gagnait l'Iowa (nord).

«Nous n'allons pas mieux qu'il y a quatre ans. Mon programme pour une classe moyenne plus forte va créer 12 millions de nouveaux emplois d'ici à la fin de mon premier mandat. L'Amérique mérite une nouvelle direction qui remettra notre économie en mouvement», a-t-il ajouté.

Les sondages donnent Barack Obama et Mitt Romney au coude-à-coude mais le candidat républicain est actuellement considéré comme le plus à même de relancer l'économie, priorité des Américains.

Le président sortant a défendu son bilan lors de son investiture à la convention nationale de son parti jeudi soir, demandant quatre ans de plus pour récolter les fruits de sa politique. En votant républicain, a-t-il lancé, «vous adhérez au cynisme selon lequel le changement pour lequel nous nous sommes battus n'est pas possible».

Au lendemain du discours d'Obama, Romney a pour sa part lancé le sprint des deux derniers mois avec une rafale de 15 spots de campagne diffusés sur les télévisions de huit États. Les deux candidats vont concentrer leurs efforts sur la dizaine d'États susceptibles de basculer dans un camp ou dans l'autre, comme l'Iowa et le New Hampshire (nord-est).

Barack Obama sait qu'il aura du mal à verrouiller le vote du petit nombre d'indécis, auxquels il s'est manifestement adressé jeudi soir, en leur proposant d'oeuvrer ensemble pour ramener les États-Unis sur la voie de l'équité économique, de la croissance et de l'emploi.

«Amérique! Je n'ai jamais dit que ce voyage serait facile et je ne le promettrai pas plus maintenant. Oui, notre voie est difficile mais elle nous mène vers un monde meilleur», a-t-il lancé. «Soyez-en assurés. Nos problèmes peuvent être réglés. Nous pouvons être à la hauteur des difficultés (...) La vérité, c'est qu'il nous faudra davantage que quelques années pour résoudre les difficultés qui se sont accumulées au cours de cette dernière décennie», a-t-il prévenu.

Les sondages suggèrent que la moitié des Américains ayant fait leur choix veulent garder Barack Obama à la Maison Blanche. L'autre moitié considère le passé d'homme d'affaires multi-millionnaire de Mitt Romney comme un avantage pour régler les problèmes économiques du pays. Son adversaire est plus souvent vu comme un homme sympathique et en phase avec l'Américain moyen.

Mais la présidentielle 2012 pourrait s'avérer la plus serrée de l'histoire récente des États-Unis, avec moins de 10 pour cent d'électeurs encore indécis, selon les sondages.

Barack Obama, l'homme qui avait fait campagne avec le slogan «Yes We Can» («Oui, nous le pouvons»), achève son premier mandat sur une reprise économique au mieux modeste dans un pays où le chômage ne s'était plus maintenu aussi longtemps au-dessus des 8 pour cent depuis la Grande dépression des années 1930.

Et Mitt Romney va continuer à l'attaquer sur ce thème. Quand son adversaire demande du temps pour redresser une économie et un système financier qui se sont presque effondrés dans les derniers mois du second mandat de George W. Bush, le candidat républicain rétorque qu'il a déjà perdu quatre ans et doit partir.

Barack Obama met en avant l'attachement des Américains à la réforme du système de santé, de la politique d'immigration ou la fin de l'interdiction faite aux militaires de révéler leur homosexualité. «Nous ne reculons pas, nous avançons, Amérique», a-t-il lancé jeudi soir.

Et de marteler le message délivré par les démocrates pendant les trois jours de la convention: l'Amérique est sur la voie de la guérison, Mitt Romney reviendrait à des politiques qui ont déjà échoué, en réduisant l'impôt des riches et en sabrant dans les programmes qui offrent aux Américains moyens la perspective d'un avenir plus prospère.

Bill Clinton, qui a dirigé les Etats-Unis pendant les années de prospérité de 1993 à 2001, a apporté sa caution à la politique économique de Barack Obama et exhorté les Américains à ne pas se retourner vers les républicains.

Si l'économie a dominé la convention de Charlotte (Caroline du Nord), il a aussi été question de sécurité nationale, l'un des points forts du président sortant dans les sondages. Les démocrates n'ont pas manqué de rappeler qu'il avait retiré les troupes de combat américaines d'Irak, comme promis, et qu'Oussama ben Laden avait été tué dans un raid américain au Pakistan l'an dernier, dix ans après les attentats du 11 septembre 2001.

Barack Obama a aussi insisté sur le manque d'expérience de Mitt Romney et son co-listier Paul Ryan en matière de politique étrangère, accusant son adversaire d'être «bloqué à l'époque de la Guerre froide», pour avoir déclaré que la Russie était l'ennemi numéro Un des Etats-Unis, et non Al-Qaïda.

Le camp républicain s'est contenté de répondre que «les Américains jugeraient le président Obama sur son bilan». «Ils savent qu'ils ne vont pas mieux (qu'en 2008) et qu'il est temps de changer de direction», a déclaré le directeur de campagne de Mitt Romney, Matt Rhoades, dans un communiqué.