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07/09/2012 07:37 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Les Canadiens ne s'en laissent pas imposer

QUÉBEC - Mine de rien les Canadiens, et surtout les Québécois, se sont distingués vendredi au Grand Prix de Québec. Cinq d'entre eux ont conclu les 201,6 km dans le top 30.

Un texte de Manon Gilbert

D'abord, François Parisien a réalisé tout un coup d'éclat avec le 10e rang, la meilleure performance canadienne, trois mois seulement après son retour à la compétition. Le coureur de SpiderTech a donc signé un troisième résultat d'envergure après son succès au Tour d'Elk Grove et sa 4e position aux Trois vallées varésines, course remportée par David Veilleux au mois d'août en Italie.

Parisien, qui a vécu l'enfer de la dépression en début d'année à cause de sa blessure au genou gauche, aurait même pu améliorer son sort s'il ne s'était pas fait emboîter à 500 mètres de l'arrivée. Mauvais moment pour cesser de pédaler!

« J'appréhendais cette course-là. Je suis moins stressé et plus confiant en mes moyens qu'avant. J'ai beaucoup travaillé sur mon mental cette année », a confié le vétéran de 30 ans.

Ses coéquipiers de SpiderTech n'ont pas été en reste. D'abord, Hugo Houle, 2e du Tour de Beauce, s'est peut-être classé 110e et avant-dernier, mais qu'importe, il a joué son rôle à merveille et surtout, il ne s'est pas laissé impressionner par la prestance du peloton à sa première course WorldTour.

Avec deux autres cyclistes, le coureur de Sainte-Perpétue a réussi à faire la jonction avec le groupe de cinq devant pour ainsi se glisser dans l'échappée du jour. Du 5e au 13e tour, il a donc roulé sous les projecteurs, bien à l'avant du peloton.

« Quand Marsh Cooper (équipe canadienne) est allé, je me suis dit que c'était le temps si je voulais aller dans l'échappée. C'était mon travail aujourd'hui, je suis super satisfait, j'ai réussi à accomplir ma mission. Le but, c'était de montrer le maillot. On avait deux gars dans l'échappée (avec Lucas Euser) », a dit le champion canadien des moins de 23 ans.

À bout de force en fin de course, Houle s'est accroché quand il a su que son coéquipier Martin Gilbert traînait derrière. Les deux Québécois se sont serré les coudes et ils ont réussi à finir dans les délais, à 18 min 59 s du vainqueur, Simon Gerrans.

Bien caché, mais bien placé dans le peloton pour le final, le sprinteur Guillaume Boivin (SpiderTech) s'est classé 25e.

Langlois le plus combatif

Leur ancien coéquipier Bruno Langlois, lui, a fait d'une pierre deux coups. Non seulement le coureur de l'équipe Louis-Garneau a-t-il gagné le grand prix de la montagne, mais il a également hérité du coureur le plus combatif. Et dire que Langlois roule pour l'honneur cette saison puisque les coureurs de Louis-Garneau ne touchent aucun salaire.

En pleine possession de ses moyens, le coureur du Bas-Saint-Laurent a attaqué au sommet la 14e ascension de la Côte de la Montagne pour faire faux bond au peloton avec le Danois Chris Sorensen.

Bien conscient qu'il ne se rendrait pas jusqu'au bout, Langlois a décidé de se rasseoir tranquillement dans le peloton quand les deux hommes ont été avalés au tour suivant. Sorensen, lui, a relancé, mais en vain.

« Je suis un coureur agressif. J'ai senti que c'était le temps d'y aller et ça a marché. Ce n'est pas une revanche. Je fais du vélo pour moi-même, pas pour personne d'autre. Je suis content, je me suis fait voir et c'était ça l'objectif », a déclaré le vieux routier de 33 ans, 30e du jour (à 14 s).

À la recherche d'un contrat pour l'an prochain, la prestation de Langlois ne pouvait survenir à un meilleur moment. D'ailleurs, le natif de Matane, qui n'a pas renouvelé son entente avec SpiderTech à la fin de l'an dernier, connaît la meilleure saison de sa carrière avec 16 victoires.

Langlois a conclu dans la roue de David Veilleux, 28e.

À plusieurs reprises, Veilleux s'est amené à l'avant du peloton dans les derniers tours afin de durcir la course pour son chef de file Thomas Voeckler, champion de la première édition en 2010 et finalement 7e deux ans plus tard. Mais les hommes derrière, toujours aussi frais, répondaient à chacun de ses coups de pédale.

« C'était difficile, c'est parti vite. J'avais un peu de crampes à la fin, mais c'est normal avec un parcours avec beaucoup d'accélération comme ça, ça devient difficile musculairement. Quand le sprint a commencé, je n'ai pas réussi à emboîter le pas. »

Le coureur de Cap-Rouge a assuré cependant qu'il n'a pas puisé dans ses ressources en chassant l'échappée du jour avec quatre autres coureurs pendant un tour, du 12e au 13e. Son coéquipier Anthony Charteau se chargeait du gros du boulot.

Quant à Michael Barry, il n'a pas raté son retour à la compétition. Blessé depuis le mois de juillet, le Canadien de 36 ans, qui prendra sa retraite au mois d'octobre, a franchi la ligne d'arrivée au 21e rang, avec un retard de 8 secondes.

« Mes jambes se sont améliorées au fil des tours. À la fin de la course, j'étais capable de suivre le rythme, mais pas de parler. J'espère encore mieux me sentir dimanche », a affirmé le coureur de la formation Sky.

Tout le peloton se transporte à Montréal pour la seconde course dimanche.