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07/09/2012 05:19 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

L'Afrique du Sud lève son moratoire sur l'exploration de gaz de schiste

Le gouvernement sud-africain a annoncé vendredi la levée d'un moratoire sur l'exploration de gaz de schiste dans le désert du Karoo (ouest), où des experts estiment que gisent d'importantes réserves.

Le moratoire avait été imposé en 2011 dans l'attente des résultats d'une étude sur les effets environnementaux de la technique dite de fracturation hydraulique, utilisée pour exploiter ce gaz.

Le gouvernement affirme dans un communiqué avoir "approuvé les recommandations (de cette étude) sur la levée du moratoire" et promet l'ouverture de consultations.

Cette décision donne de nouveau le droit aux compagnies énergétiques de déposer des demandes d'exploration pour cette technique controversée.

Shell, l'une des sociétés qui ont fait connaître leur désir d'explorer la zone, estime déjà que les réserves de gaz de schiste du Karoo pourraient fournir l'énergie nécessaire à l'Afrique du Sud pendant 400 ans, au rythme actuel de consommation. Shell fait également miroiter la création de milliers d'emplois.

La méthode dite de fracturation hydraulique consiste à injecter de l'eau et des produits chimiques en grande profondeur, processus accusé de nuire à l'environnement et aux nappes phréatiques. Certains pays, dont la France, l'ont interdite.

Depuis 2008, cette technique combinée au forage à l'horizontale a permis d'exploiter les immenses réserves d'hydrocarbures contenues dans les vastes gisements de schiste aux Etats-Unis, déclenchant un véritable boom gazier et pétrolier.

Au mois de mai 2012, le ministère sud-africain de l'Environnement avait déjà fait savoir qu'il était favorable à une exploitation "très contrôlée" du gaz de schiste du Karoo.

Le ministère citait notamment la nécessité d'"éviter la contamination des ressources en eau douce" du Karoo. La technique de fracturation exige une énorme quantité d'eau, or le Karoo est une région très sèche.

Soumises à un intense lobbying de plusieurs compagnies, notamment Shell, les autorités sud-africaines avaient déclaré le moratoire pour tenir compte de la vive opposition des propriétaires terriens et des défenseurs de l'environnement, qui craignent la pollution des nappes phréatiques.

Face au tollé, le groupe sud-africain Sasol avait décidé fin 2011 de suspendre provisoirement ses projets d'exploration dans le Karoo.

"Le gouvernement a mandaté le ministre des Ressources naturelles pour organiser une série de consultations publiques avec toutes les parties concernées, afin de leur fournir de plus amples informations", indique vendredi le communiqué du Conseil des ministres.

"Ce que nous ne comprenons pas", a immédiatement réagi l'un des opposants au projet Jonathan Deal, contacté par une chaine de télévision, "c'est pourquoi il est nécessaire de lever le moratoire avant la consultation publique, parce que la conséquence de tout ça, c'est que le pays va faire face à une pléthore de demandes de pays et de sociétés étrangères qui ont l'intention d'exploiter cette ressource en Afrique du Sud".

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