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07/09/2012 02:44 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Drame en Haute-Savoie: trois victimes sont identifiées

ANNECY, France - Trois des quatre personnes retrouvées mortes dans une voiture immatriculée en Grande-Bretagne, mercredi, ont été identifiées par la plus jeune des rescapées, a précisé le procureur Éric Maillaud, lors d'une conférence de presse vendredi à Annecy. Il s'agit de ses parents, soit le père, Saad al-Hilli, né en Irak en 1962, et son épouse Ikbal. La famille habitait en Grande-Bretagne.

La troisième victime est un cycliste français, Sylvain Mollier, âgé de 45 ans, qui passait sur le chemin. Il a lui aussi été retrouvé mort. Il aurait été «au mauvais endroit au mauvais moment», selon le procureur Maillaud.

La quatrième personne est une femme plus âgée possédant un passeport suédois et d'origine irakienne, comme le père. Le procureur a indiqué ignorer si elle avait un lien de parenté avec les autres victimes.

Selon le procureur, un frère de la victime Saad al-Hilli, Zaid, s'est présenté dans un commissariat britannique vendredi pour clamer son innocence après avoir appris qu'il faisait partie de l'enquête. Il s'était rendu jeudi au même commissariat après avoir entendu à la télévision que son frère était mort. Vendredi, il a fait valoir qu'il n'avait pas de litige financier avec la victime comme l'avaient rapporté des médias citant une source policière anglaise.

Une amie d'enfance des deux frères, Mae Faisal El-Wailly, aurait fourni aux policiers une lettre faisant référence à une querelle entre les deux frères au sujet d'un héritage. Dans cette lettre, la victime mentionnait que son frère Zaid et lui ne se parlaient plus. Le document était daté du 16 septembre 2011.

Au moins 25 douilles ont été retrouvées par les enquêteurs, a seulement précisé le magistrat.

La petite fille de quatre ans, retrouvée mercredi soir par les enquêteurs après être restée prostrée pendant près de huit heures dans la voiture, a confirmé l'identité de son père et de sa mère et de sa soeur aînée grièvement blessée, a précisé le magistrat. La famille est arrivée le 29 août en France, où elle passait régulièrement des vacances, et le 3 septembre dans la région d'Annecy, a-t-il ajouté.

En revanche, la fillette a dit qu'elle ne connaissait pas très bien la femme plus âgée, porteuse d'un passeport suédois, qui se trouvait également dans la voiture et qui a été tuée. Elle porte un nom différent des autres victimes et les gendarmes cherchent à établir un lien de parenté éventuel avec les autres occupants de la voiture.

Sa soeur de sept ans, gravement blessée par des coups violents portés à la tête et par une blessure par balles à l'épaule a été opérée de nouveau avec succès et se trouve toujours plongé dans un coma artificiel. Elle n'a pu être interrogée par les gendarmes de la Section des recherches de Chambéry.

Vendredi matin, le parquet a ouvert une information judiciaire pour assassinats et tentative d'assassinats. Les deux juges d'instruction saisis de cette enquête ont, dans le cadre d'une commission rogatoire internationale, envoyé un enquêteur français en Grande-Bretagne, a souligné le procureur de la République.

Trois autres gendarmes dont le colonel Marc de Tarlé, chef du Bureau des affaires criminelles de la gendarmerie devaient l'y rejoindre. Désormais, les enquêteurs français assistés de leurs collègues britanniques vont pouvoir perquisitionner la maison des victimes et notamment recueillir de l'ADN pour leur identification formelle.

Le procureur a affirmé que Saad al-Hilli n'était pas connu des services antiterroristes français et britanniques.

Les autopsies des quatre victimes de la tuerie ont commencé à 14 h vendredi à l'institut médico-légal de Grenoble (Isère), a précisé le magistrat.

Mercredi vers 15 h 45, quatre personnes avaient été découvertes mortes dans le stationnement au bout d'un chemin forestier de Chevaline par un cycliste britannique. Trois d'entre elles se trouvaient dans une voiture immatriculée en Grande-Bretagne, appartenant à Saad al-Hilli.

Le procureur de la République d'Annecy Éric Maillaud, a refusé vendredi de donner des éléments d'information sur le ou les armes utilisées et le ou les tireurs de la tuerie de Chevaline en Haute-Savoie mercredi.