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07/09/2012 09:02 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Attentat meurtrier à Damas, manifestations anti-régime à travers la Syrie

Un attentat à la moto piégée a fait cinq morts vendredi parmi les forces de l'ordre à la sortie d'une mosquée à Damas, théâtre comme de nombreuses autres villes de Syrie de nouvelles manifestations pour réclamer la chute du régime de Bachar al-Assad.

Dans le même temps, les ministres européens des Affaires étrangères étaient réunis à Paphos (Chypre) pour évoquer notamment la transition et l'aide aux réfugiés, la Commission européenne ayant d'ores et déjà annoncé dans la matinée le déblocage de 50 millions d'euros supplémentaires en faveur des civils.

A Damas, "un attentat terroriste s'est produit à Roukneddine à la sortie de fidèles de la mosquée al-Roukniya", a indiqué la télévision d'Etat, en précisant qu'une "motocyclette piégée" était à l'origine de l'explosion, qui a tué cinq membres des forces de l'ordre.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui se base sur un réseau de militants et de témoins, a rapporté qu'"au moins cinq membres des forces gouvernementales avaient été tués et six autres blessés".

Depuis le début de la révolte en mars 2011, les forces de l'ordre encerclent les mosquées tous les vendredis, journée traditionnelle de mobilisation dans le pays, afin d'empêcher les manifestations de se former après la prière et ouvrent souvent le feu sur les manifestants, selon des militants et l'OSDH.

Ce vendredi, les militants anti-régime avaient placé les cortèges sous le slogan "Homs assiégée nous appelle", en référence à la troisième ville du pays où les bombardements de l'armée sont incessants et la situation humanitaire désastreuse.

Des manifestations "massives", selon l'OSDH, ont eu lieu dans plusieurs localités rebelles de la province d'Idleb (nord-ouest), ainsi que dans la province de Damas comme à Harasta où l'armée menait de vastes opérations militaires pour écraser la rébellion, assimilée à du "terrorisme" par le régime.

Des vidéos ont montré des dizaines de jeunes manifestants dans les quartiers de Barzé et Assali à Damas. "Syrie, une révolte de dignité et de liberté", scandaient-ils notamment.

Dans les quartiers de Chaar et Sakhour dans l'est d'Alep, deuxième ville du pays déchirée par la guerre, des défilés ont aussi eu lieu "malgré les bombardements", a affirmé l'OSDH.

Trente-huit personnes, dont 19 civils, ont péri dans les violences après 153 morts jeudi.

Des "centaines de soldats" appuyés par des véhicules militaires lourds ont attaqué Babbila, une localité proche de Damas, selon l'OSDH. Des combats ont aussi éclaté autour d'al-Qazzaz, dans le sud-est de la capitale, où les forces de sécurité ont arrêté des dizaines de jeunes hommes.

Des tirs nourris ont également été entendus à Tadamoun (sud) et à Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie, selon l'ONG.

De plus, au moins 23 corps non identifiés ont été retrouvés jeudi à Zamalka et au moins 22 autres à Qatana, deux localités proches de Damas. Vendredi, les corps de 16 autres hommes ont été découverts à Harasta, dans la même région, selon l'OSDH, qui a précisé que certains portaient des traces de tortures.

Ces découvertes macabres sont particulièrement fréquentes depuis plusieurs semaines dans le pays.

Dans ce contexte, les ministres européens des Affaires étrangères tentaient, à Chypre, d'explorer les moyens d'aider l'opposition syrienne, tout en contenant la crise humanitaire.

La Commission européenne va débloquer une aide humanitaire supplémentaire de 50 millions d'euros, portant ainsi sa contribution tirée du budget de l'UE à 119 millions d'euros.

Craignant pour sa propre sécurité, l'UE cherche à se protéger d'une éventuelle arrivée de réfugiés, alors que la Turquie et la Jordanie estiment qu'elles ne seront bientôt plus en mesure de faire face aux flots de Syriens.

L'Europe, en pointe des sanctions contre Damas, appelle depuis plusieurs mois M. Assad à céder le pouvoir à un gouvernement de transition, mais au Conseil de sécurité de l'ONU, sa position se heurte au veto de la Russie et de la Chine.

L'enjeu de la crise syrienne est grave, ont prévenu les ministres italien et français, Giulio Terzi et Laurent Fabius, dans une lettre diffusée en amont de la réunion: "Si nous échouions en Syrie, la stabilité du Moyen-Orient serait compromise et la sécurité de l'Europe, sous tous ses aspects, (...) gravement menacée".

Le ministre espagnol José Manuel García Margallo a estimé de fait que l'UE devait "réactiver un plan pour mettre fin" à la violence.

Evoquant la crise humanitaire, le nouveau président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Peter Maurer, de retour de Damas, a déclaré vendredi avoir reçu des engagements positifs de la part de M. Assad, mais "qui devront bien sûr être suivis et évalués dans les semaines à venir".

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