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07/09/2012 05:24 EDT | Actualisé 07/11/2012 05:12 EST

Affrontements et attentats à Damas: cinq policiers tués

DAMAS, Syrie - Cinq policiers ont été tués et plusieurs autres blessés vendredi par l'explosion de deux bombes à Damas, alors qu'une soixantaine de personnes ont trouvé la mort en Syrie dans de nouvelles violences. Des affrontements ont notamment opposé les forces du régime à des rebelles dans les quartiers sud de la capitale syrienne.

Les cinq policiers ont été tués par l'explosion d'une première bombe à l'extérieur d'une mosquée de la capitale syrienne. La déflagration s'est produite dans le quartier de Rukneddine (nord) à la sortie de la prière du vendredi.

La bombe avait été placée sur une moto, selon les autorités. Cinq policiers ont été tués, a annoncé la télévision publique. Sur place, des responsables ont toutefois fait état de six morts.

Un deuxième attentat, à la voiture piégée, est survenu un peu plus tard dans le quartier chic de Mazze. Il n'a pas fait de victimes, mais plusieurs véhicules ont été endommagés. L'attentat a eu lieu entre le ministère de l'Information et le ministère de la Justice, situés à environ cent mètres l'un de l'autre.

Le vendredi fait partie du week-end en Syrie et les institutions sont généralement fermées.

Dans la matinée, des affrontements ont eu lieu entre soldats et rebelles dans le quartier de Kazaz, dans le sud de la capitale syrienne. Ce quartier, sous haute sécurité, abrite plusieurs agences de sécurité syriennes, ont rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination (CLC).

L'Observatoire syrien a également fait part de nombreuses arrestations à Tel Chehab, ville située à la frontière jordanienne, qui a été reprise par l'armée syrienne jeudi. Selon les activistes, cette attaque avait pour but d'endiguer le flot de civils syriens fuyant la guerre civile.

Au moins 60 personnes ont été tuées vendredi dans des violences en Syrie, notamment à Idlib, Alep (nord), Deir el-Zour (est), Hama, Homs (centre) et Deraa (sud), selon l'OSDH et les CLC.

Le nouveau président du Comité international de la Croix rouge (CICR) Peter Maurer a déclaré avoir eu des discussions "positives" avec Bachar el-Assad cette semaine au sujet de l'accès aux prisonniers et du déblocage de l'aide matérielle.

Les échanges avec le président syrien étaient "sobres, allant droit au but" et "se sont clairement concentrés sur les besoins humanitaires", comme la livraison de nourriture, de médicaments et d'autres matériels pour les dizaines de milliers de personnes dans le besoin.

M. Maurer a expliqué à la presse s'être rendu dans des zones rurales près de Damas, dont les habitants lui ont fait part d'"horribles d'attaques armées" qui l'ont choqué avec "une violence extrême".

D'autre part, le Haut comité aux Réfugiés (HCR) de l'ONU a décidé d'intensifier ses opérations d'urgence pour 200.000 Syriens déplacés à l'intérieur du pays par les combats. Ils ont besoin d'assistance médicale, d'abris et d'écoles, a précisé le porte-parole du HCR Adrian Edwards. Leurs lignes téléphoniques d'urgence ont été saturées par des dizaines de milliers d'appels à l'aide, et les équipes ont orienté de nombreux habitants vers 29 abris dans neufs quartiers autour de Damas, ces deux dernières semaines.

Le HCR a également aidé plus de 200.000 Syriens réfugiés dans les pays voisins pour fuir les violences, qui ont tué entre 23.000 et 26.000 personnes depuis le début de la répression de l'insurrection contre le régime de Bachar el-Assad en mars 2011.

En Turquie, le général Aouad Ahmad al-Ali, qui dirigeait la Direction de la sécurité criminelle de Syrie, a annoncé qu'il avait fait défection et rejoint l'opposition. Dans une vidéo diffusée sur la chaîne de télévision Al-Arabiya, il explique qu'il abandonne son travail et fait défection vis-à-vis d'un régime "injuste et illégitime". Assis devant un drapeau de la révolution, Al-Ali ajoute que le régime a perpétré des "meurtres diaboliques et effroyables qui n'ont même pas été commis par les pires régimes de l'histoire".

Des milliers de membres de l'armée et des forces de sécurité ont fait défection et rejoint la Turquie au cours du mois écoulé, dont plus de 25 généraux.

Parallèlement, un diplomate canadien a été nommé à la tête du bureau de Damas pour représenter Lakhdar Brahimi, envoyé spécial conjoint de la Ligue arabe et de l'ONU pour la Syrie. Mokhtar Lamani, de nationalité canadienne mais d'origine marocaine, a déjà été envoyé spécial de la Ligue arabe en Irak entre 2006 et 2007, et ambassadeur de l'Organisation de la conférence islamique auprès de l'ONU, à New York, entre 1998 et 2002, a précisé son porte-parole Ahmad Fawzi, dans un communiqué.