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06/09/2012 10:12 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

USA: le sénateur Kerry tacle Romney sur la politique étrangère

Le sénateur démocrate John Kerry a mis en avant jeudi le peu d'expérience en politique étrangère du candidat républicain à la Maison Blanche Mitt Romney, et lancé un retentissant: "demandez à Ben Laden si sa situation est meilleure qu'il y a quatre ans".

"C'est le duo le plus inexpérimenté en politique étrangère à se présenter à la présidence et à la vice-présidence depuis des décennies", a affirmé le sénateur devant la convention démocrate de Charlotte, faisant référence à Mitt Romney et son colistier Paul Ryan.

M. Kerry, qui préside la puissante commission des Affaires étrangères du Sénat et est cité comme un possible prochain secrétaire d'Etat en cas de victoire du président Barack Obama en novembre, a aussi accusé le candidat républicain de changer de positions s'agissant notamment du retrait des troupes sur l'Afghanistan, de la fin de la guerre en Irak ou encore de l'intervention américaine en Libye.

"M. Romney, un conseil avant le débat avec Barack Obama sur le thème de la politique étrangère: vous auriez intérêt à finir d'abord le débat avec vous-même", a-t-il déclaré.

Les deux hommes seront opposés lors de trois débats télévisés en octobre dont l'un portera sur la politique étrangère.

M. Kerry s'est vu attribuer le rôle pendant cette convention, peu diserte sur ces questions, de mettre en avant le bilan de Barack Obama en matière de sécurité nationale. Il a rappelé qu'il avait mis fin à la guerre en Irak fin 2011, décimé Al-Qaïda et son dirigeant Oussama ben Laden en mai 2011 et entamé le retrait des troupes américaines en Afghanistan d'ici 2014.

"Demandez à Oussama ben Laden s'il est dans une meilleure situation qu'il y a quatre ans", a-t-il lancé, retournant contre eux l'argument des républicains utilisé contre le président Obama pour dénoncer l'échec de sa politique économique depuis 2008.

Le dirigeant d'Al-Qaïda a été tué par un commando américain au Pakistan en mai 2011 sur décision du président américain.

Parlant d'un candidat "extrémiste", M. Kerry a encore estimé que Mitt Romney n'avait "pas la vision et le jugement si nécessaires dans le bureau ovale", et raillé sa tournée à l'étranger en juillet en Grande-Bretagne, Pologne et en Israël.

"Ce n'était pas une mission de bienfaisance mais une tournée de gaffes", a-t-il dit. "Mitt Romney président - trois mots hypothétiques qui ont aliéné nos alliés cet été".

M. Romney s'était notamment attiré une mise au point du Premier ministre britannique David Cameron pour des déclarations sur l'impréparation du pays pour les jeux Olympiques.

Et à Jérusalem, les Palestiniens s'étaient élevés contre des déclarations jugées "racistes" du candidat républicain. Il avait déjà suscité leur ire en qualifiant la Ville Sainte de "capitale d'Israël".

M. Kerry a encore dénoncé "la notion absurde" selon laquelle la Russie serait "notre ennemi géopolitique numéro un", rappelant des propos de Mitt Romney à cet égard. "Ecoutez: Sarah Palin a dit qu'elle pouvait voir la Russie de l'Alaska; Mitt Romney parle lui comme s'il n'avait vu la Russie qu'en regardant Rocky IV".

M. Kerry est un ancien combattant du Vietnam, titulaire de plusieurs prestigieuses décorations et candidat malheureux face à George W. Bush à la présidentielle de 2004.

La diatribe de M. Kerry avait tout d'une douce revanche: lors de la campagne de 2004, l'équipe du président George W. Bush avait justement mis en exergue la faiblesse supposée du candidat démocrate en matière de sécurité nationale, ce qui lui avait été fatal.

lb/jca