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06/09/2012 02:06 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

RDC: l'UDPS, premier parti d'opposition, accuse aussi Kabila de "haute trahison"

L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition en République démocratique du Congo, a à son tour accusé jeudi le président Joseph Kabila de "haute trahison" pour la "grave crise" à l'est, où l'armée peine à mater une rébellion présumée soutenue par le Rwanda.

Quelques centaines de soldats rwandais qui opéraient dans un bataillon congolo-rwandais se sont retirés la semaine dernière du Rutshuru, un territoire de la province du Nord-Kivu (est) où l'armée congolaise combat le Mouvement du 23 mars (M23), que l'ONU et Kinshasa disent soutenu par le Rwanda. Kigali dément.

"Le maintien voulu sur le territoire national d'une armée étrangère à l'insu du peuple congolais constitue une complicité avérée de monsieur Kabila dans le drame de l'est", ce qui le rend coupable de "haute trahison", a déclaré jeudi Bruno Mavungu Pwati, secrétaire général adjoint par intérim de l'UDPS.

Ce parti avait rejeté le résultat des élections contestées de fin 2011 ayant vu la victoire de Joseph Kabila et son camp. "Le hold-up électoral assorti de cette complicité manifeste avec les agresseurs, ennemis de la patrie, constitue une circonstance aggravante" pour le président, a poursuivi le cadre de l'UDPS.

Il a ensuite lancé un "appel pressant" aux Congolais "pour mettre un terme à l'aventurisme politique de monsieur Kabila et de ses complices qui cherchent cyniquement a gouverner le pays par défi", avant de leur demander de scander "Kabila dégage" jusqu'à son "départ effectif".

Lundi, une coalition de partis d'opposition avait déjà "recommandé" au parlement, dès sa rentrée en septembre, d'enclencher contre le chef de l'Etat un "mécanisme de mise en accusation du président (...) pour haute trahison" suite au regain d'instabilité au Nord-Kivu.

L'ONG de défense des droits de l'Homme, Voix des sans voix, a pour sa part estimé que l'opinion attend du président des explications "sans ambages", avertissant que, dans le cas contraire, il risquait d'être accusé de "haute trahison pouvant, dans un état de droit, précipiter sa déchéance en cas de refus de démissionner".

Le déploiement du bataillon congolo-rwandais a été mis en place après une opération militaire conjointe de 2009 destinée à combattre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont des éléments sont accusés par Kigali d'avoir participé au génocide rwandais de 1994.

Selon le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo, l'existence de ce bataillon était "publique" et "officielle", mais plusieurs opposants et acteurs de la société civile ont affirmé ignorer la présence de troupes rwandaises au Rutshuru jusqu'à ce que leur retrait soit annoncé.

hab/jb