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06/09/2012 07:30 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Paralympiques - Tournevis et chalumeau pour réparer le matériel des sportifs

Entre les bruits de perceuses et les visages inquiets des sportifs en salle d'attente, l'atelier de réparation des prothèses et autres fauteuils roulants malmenés pendant les jeux Paralympiques de Londres ressemble à la fois à un garage et à une salle d'opération.

"La plupart des interventions concernent l'athlétisme, tout simplement parce que c'est là qu'il y a le plus de concurrents", explique Peter Franzel, l'un des responsables du site, dans le Village paralympique.

"Mais les pires dégâts, c'est au rugby ou en basket fauteuil. Ce sont des sports violents. On sort souvent le chalumeau", poursuit-il, alors qu'une odeur de métal et de plastique fondu plane dans l'air.

L'atelier, géré par la société allemande Ottobock, compte 80 personnes, spécialisées dans la réparation de fauteuils et membres artificiels.

Y sont stockées environ 15.000 pièces détachées : prothèses, pneus ou encore les fameuses lames en carbone, comme celles du coureur sud-africain Oscar Pistorius, qui sont une nouvelle fois au centre d'une polémique.

On trouve aussi quantités de boulons, vis et autres écrous.

Dans un coin, le seul athlète cap-verdien des jeux, Marcio Miguel Da Costa Fernandes, qui concourt au sprint et au javelot, observe avec inquiétude les techniciens réparer sa lame de course.

"Normalement, les athlètes restent dans la salle d'attente mais s'ils veulent regarder, ils peuvent", explique M. Franzel.

Ce sont "les fauteuils roulants que les sportifs utilisent dans leur vie de tous les jours qui exigent le plus de réparations car ils les utilisent bien plus que leurs fauteuils de compétition, qui servent seulement une ou deux heures par jour", explique Franzel.

Réparations et remplacements de matériel sont entièrement gratuits, et certains affirment que les athlètes des pays en développement se servent des Paralympiques pour récupérer du matériel gratuit.

Dans une réserve, deux vieux fauteuils roulants attendent d'ailleurs la casse depuis qu'Ottobock en a fourni des nouveaux à leurs propriétaires, un officiel népalais et un athlète égyptien.

Mais selon la société, même s'il y a une grande différence entre la qualité du matériel des pays riches et des pays pauvres, il est rare que les athlètes des équipes peu fortunées demandent de nouveaux équipements.

"Il arrive que des sportifs de pays en développement aient du matériel vraiment hors d'âge", explique une porte-parole d'Ottobock, "mais en général, ils s'en satisfont".

"S'il y a un problème, il est souvent plus facile pour nous de le remplacer plutôt que de le réparer", ajoute-t-elle, en précisant que les visiteurs les plus assidus sont les Américains, les Brésiliens et les Colombiens.

Comme chaque appareil est fait sur mesure pour chaque sportif, les techniciens doivent être "très inventifs", explique aussi Peter Franzel.

"Nous avons beaucoup de pièces détachées, mais pas tout. S'il manque quelque chose, on envoie quelqu'un dans un magasin de bricolage. Et s'il ne trouve pas non plus, on essaie de la fabriquer nous-mêmes avec le fer à souder", raconte le responsable.

Mais son moment préféré, c'est lorsqu'il remet son nouvel équipement à un sportif. "Ils sont vraiment très heureux. C'est comme offrir une Mercedes toute neuve", dit-il.

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