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06/09/2012 08:40 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Le Mali exclut le déploiement de "forces militaires combattantes" étrangères

Le Mali ne souhaite pas le déploiement de "forces militaires combattantes" étrangères sur son territoire mais sollicite l'aide de l'Afrique de l'Ouest, notamment au plan logistique, pour récupérer le Nord aux mains d'islamistes armés, selon la lettre du président malien à la Cédéao.

Dans cette lettre de trois pages datée du 1er septembre dont l'AFP a obtenu copie jeudi à Dakar, le président de transition Dioncounda Traoré "sollicite (...) l'aide de la Cédéao", la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, "dans le cadre du recouvrement des territoires occupés du Nord et la lutte contre le terrorisme".

"Par contre, le déploiement d'unités de police constituées ou de forces militaires combattantes est sans objet", précise-t-il.

Selon lui, l'aide sollicitée "pourrait se matérialiser" de différentes manières, dont "le renforcement des capacités anti-terroristes" et des moyens techniques, le déploiement d'"un détachement de liaison et d'observation" qui serait intégré dans un centre de coordination des opérations de sécurisation des institutions de la transition".

Il envisage une aide pour "la réorganisation des forces armées et de sécurité" du Mali à travers des formations, acquisitions de matériel et soutien logistique.

Pour "la restauration de l'intégrité territoriale du Mali", il évoque des "soutien et appui aériens (appui renseignements, appui direct des troupes engagées, destruction des bases logistiques situées en profondeur), cinq bataillons (entre 650 et 850 hommes) à partir de la ligne de front, à engager graduellement dans le contrôle des villes reconquises" notamment.

Cet aspect pourrait inclure aussi "l'acheminement de l'assistance humanitaire", un "soutien" au plan sanitaire, la "reconstruction des camps et autres infrastructures".

Au regard de la situation actuelle au Mali, "de la multiplication des activités criminelles et terroristes dans le nord du pays et des risques sécuritaires qu'elles font peser également sur toute la sous-région dans l'immédiat et sur le monde entier à terme, l'urgence d'une action concertée et coordonnée du Mali, de la Cédéao et de la communauté internationale n'est plus à démontrer", déclare Dioncounda Traoré dans sa lettre adressée au chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara en sa qualité de président en exercice de la Cédéao.

Plus de deux mois après des attaques lancées, mi-janvier, par des groupes armés dont des rebelles touareg et jihadistes dans le Nord, le Mali a été secoué le 22 mars par un coup d'Etat militaire, qui a précipité la chute de la moitié du pays aux mains des assaillants. Les jihadistes ont ensuite évincé leurs ex-alliés rebelles touareg et contrôlent désormais totalement ces zones.

La crise a provoqué près de 443.000 déplacés internes et réfugiés, selon l'ONU.

L'annonce, mardi soir par un diplomate français, de la saisine malienne de la Cédéao a été suivie de diverses interprétations, dont celle d'une demande formelle d'intervention d'une force militaire africaine.

La sollicitation a néanmoins été perçue par différents acteurs, dans la classe politique malienne comme à l'étranger, comme un pas important dans la démarche pour récupérer le Nord.

La Cédéao prépare depuis plusieurs mois le déploiement au Mali d'une force de quelque 3.300 soldats, dont les contours demeurent flous. Elle avait précisé attendre une demande formelle de Bamako et un mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.

"La mission de la Cédéao au Mali pourrait déployer un détachement de liaison et d'observation, à l'exclusion du déploiement d'unités de police constituées ou de forces militaires combattantes", avait indiqué mercredi la présidence ivoirienne dans un communiqué publié à Abidjan.

Pour sa part, le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, avait affirmé mercredi que son pays serait "très disponible" en cas d'intervention des troupes de l'Afrique de l'Ouest pour reconquérir le Nord-Mali.

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