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06/09/2012 12:12 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

La RDC "déçue" du dégel partiel de l'aide britannique versée au Rwanda (officiel)

La République démocratique du Congo (RDC) est "déçue" du dégel partiel de l'aide que la Grande-Bretagne verse au Rwanda, accusé par l'ONU et Kinshasa de soutenir dans l'est congolais la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23).

"La Grande-Bretagne va partiellement restaurer son aide budgétaire au Rwanda" en lui versant huit millions de livres (10,1 M d'euros), soit la moitié de son aide, jusqu'ici gelée, a annoncé mercredi le ministre britannique du Développement international, Andrew Mitchell.

Kinshasa est "déçu par la décision de la Grande-Bretagne (...) de revenir sur la sanction qu'elle avait auparavant imposée au Rwanda en déboursant à ce pays agresseur de la RDC la moitié de l'appui budgétaire", indique dans un communiqué Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

Andrew Mitchell a notamment basé sa décision sur la participation du Rwanda "de façon constructive au processus de paix initié par la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs" et sur le fait qu'"il y a un cessez-le-feu continu dans la région du Kivu", dans l'est de la RDC.

"Les Congolaises et les Congolais sont choqués par l'appréciation positive faite par le gouvernement britannique" car la RDC n'a perçu "jusqu'à ce jour aucun effort crédible de la part du Rwanda pour la restauration de la paix et de la sécurité gravement perturbés au Nord-Kivu de son fait", écrit Lambert Mende.

Selon lui, le déblocage partiel de l'aide "sonne malheureusement comme une prime à l'aventurisme militariste, à la culture de prédation et aux violations massives des droits de l'Homme dont les officiels rwandais au plus haut niveau se rendent coupables" en RDC.

Le porte-parole fait allusion à un rapport d'experts de l'ONU accusant le Rwanda -qui dément- de soutenir en hommes, en armes et en munitions la rébellion du M23, un nouveau groupe armé composé de mutins, ex-membres d'une ancienne rébellion à l'époque soutenue par le Rwanda et intégrée dans l'armée en 2009.

Ce rapport, rendu public en juin, met entre autres en cause le ministre de la Défense James Kabarebe et le chef d'état-major Charles Kayonga.

Le dégel partiel de l'aide, qui sera affectée à l'éducation et à la sécurité alimentaire, intervient après le retrait, vendredi dans l'Est, de quelques centaines de soldats rwandais déployés dans un bataillon congolo-rwandais.

Ce bataillon avait été mis en place après une opération militaire de Kinshasa et Kigali contre la rébellion hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), dont des membres sont accusés par Kigali de participation au génocide de 1994, qui a fait 800.000 morts, selon l'ONU.

Ce retrait a donné lieu à de nouvelles accusations croisées entre les deux voisins. Selon la RDC, les militaires rwandais devaient officiellement être tout au plus être une centaine, mais Kigali a indiqué que 357 soldats avaient quitté le pays...

Lundi, Lambert Mende a dénoncé une "exfiltration" de soldats entrés en RDC pour "attaquer" l'armée congolaise "aux côtés du groupe pro-rwandais M23". Une "preuve de la mauvaise foi de nos voisins" souffrant d'une "psychose de toujours trouver le voisin coupable", a rétorqué la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo sur la chaîne France 24.

hab/sd