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06/09/2012 07:21 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Doublé canadien

QUÉBEC - Contre toute attente, les Canadiens Zach Bell et Rémi Pelletier-Roy ont nargué quelques-uns des meilleurs sprinteurs du peloton pour monopoliser les deux premières marches du podium de la deuxième édition du Challenge sprint pro, jeudi.

Un texte de Manon Gilbert

Bell a tenu bon dans les derniers mètres de l'ascension finale sur la Grande-Allée pour devancer Pelletier-Roy qui était sorti en tête du virage en épingle, au bas de l'artère branchée de la Vieille Capitale.

Le coureur de la formation procontinentale canadienne SpiderTech propulsé par C10 a également résisté à l'assaut de l'Australien Matthew Goss, vice-champion du monde sur route, qui a tenté de le déborder à sa droite. Le vainqueur de la troisième étape du Tour d'Italie a finalement dû se contenter du 3e rang devant son compatriote Michael Matthews.

Cette victoire a eu l'effet d'un léger baume pour Bell, qui peine encore à digérer sa 8e position à l'omnium (cyclisme sur piste) aux Jeux olympiques de Londres.

« C'est ma dernière course de la saison. C'est bien de finir sur une bonne note, a déclaré le coureur du Yukon, 2e de l'omnium aux mondiaux de 2012. Je ne m'attendais pas à ce résultat aux Jeux. Je savais que j'étais capable de me mesurer à ces gars-là. C'était donc important pour moi de démontrer aujourd'hui ce que je pouvais faire. »

Pelletier-Roy, lui, a de nouveau épaté la galerie, un an après sa demi-finale surprise en 2011.

« Cette année, je voulais faire la même chose. Rendu en finale, je n'avais qu'un gars à battre pour faire le podium. J'ai joué un peu sécuritaire pour finir 2e », a affirmé l'étudiant en médecine à l'Université Laval.

Le Québécois David Veilleux, lui, a été sorti dès le premier tour.

Une formule qui fait des petits

Disputé en marge du Grand Prix cycliste de Québec, le Challenge sprint pro gagne en popularité. L'an prochain, un deuxième Challenge sera ajouté avant le Grand Prix de Montréal. Puis, il y a dix jours, le Grand Prix de Plouay (France) a repris la formule la veille de sa course.

Inspiré des épreuves de sprint en ski de fond qui se déroulent souvent dans les grandes villes pour attirer et initier les spectateurs au sport, les Challenges pourraient voir leur nombre croître puisque des courses en Allemagne sont également intéressées par ce type d'épreuves.

« S'ils en font d'autres ailleurs dans le monde de façon régulière, je vais y participer. Ce sont des courses qui sont bonnes pour moi », assure le pistard Bell qui n'a pas encore retrouvé la forme sur route pour prendre part aux Grands Prix de Québec et Montréal.

Goss, qui participe à ses premières courses dans la Belle Province, a également apprécié l'expérience.

« C'est excitant pour le public. C'est facile à comprendre, c'est bien pour initier les gens au vélo. Ce n'est pas quelque chose qu'on expérimente tous les jours, à moins de faire partie de l'échappée. C'est une nouvelle épreuve très intéressante. »

Goss soutient cependant que si les organisateurs veulent multiplier ce genre de spectacles, les équipes devront penser à amener un coureur supplémentaire qui pourra s'entraîner en fonction des sprints et qui n'aura pas à batailler pour la victoire le lendemain.

Selon Charly Mottet, délégué technique de l'Union cycliste internationale (UCI), pour que la formule progresse, il faut un travail commun des organisateurs, des équipes et des coureurs et il faut à tout prix que la télévision et le public fassent partie de l'équation.

« Il faut qu'il y ait des sprinteurs de renom et une volonté des équipes. Il faut aussi que l'organisation soit nickel comme à Québec. Si les coureurs ont accepté d'y participer de nouveau cette année, c'est parce qu'ils étaient contents, soutient l'ancien coureur, 2e du Tour d'Italie en 1990. La qualité est une condition essentielle parce que ce sont les coureurs qui en parlent. »

M. Mottet croit que l'UCI pourrait même appliquer les Challenges sprint aux niveaux junior et espoir. Dans un avenir rapproché, l'instance internationale pourrait même octroyer des points, ce qui permettrait aux coureurs et aux équipes d'améliorer leur classement.

« Si un jour l'épreuve se retrouve aux Championnats du monde et aux Jeux olympiques, il faudra dire un gros merci à Québec », a poursuivi celui que l'on surnommait Petit Charly dans le peloton.

De quoi réjouir le maire Labeaume!