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06/09/2012 12:36 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Des libéraux laissent la porte ouverte pour succéder à Jean Charest

QUÉBEC - La course à la succession de Jean Charest a commencé à se profiler à l'horizon, jeudi, alors que plusieurs membres du caucus libéral ont laissé la porte ouverte à une éventuelle candidature.

Le ministre de la Justice Jean-Marc Fournier a été le seul à rejeter clairement l'éventualité d'une candidature à la direction du Parti libéral du Québec, laissant plutôt entrevoir un intérêt pour le poste de chef intérimaire.

«J'ai déjà eu l'occasion de dire que je n'avais pas d'intérêt pour la chefferie du parti, c'est une chose que j'ai dite depuis plusieurs mois et que je répète encore aujourd'hui», a-t-il dit.

En se rendant dans la salle d'un hôtel où se sont réunis les candidats élus et défaits au scrutin de mardi, M. Fournier a exprimé le souhait que des prétendants provenant du caucus et de l'extérieur participent à une course à la direction.

«Je souhaite qu'on ait quelques-uns de nos collègues qui s'inscrivent dans le cadre d'une course à la chefferie, j'aimerais qu'il y en ait même de l'extérieur qui le fassent, a-t-il dit. En même temps que nous allons faire ce travail sur le terrain, j'espère et je compte que nous soyons en équipe tous réunis pour faire un travail parlementaire.»

Contrairement à M. Fournier, plusieurs autres ministres, qui occupent encore leurs fonctions jusqu'à l'assermentation du prochain gouvernement, ainsi qu'un député ont refusé d'exclure une éventuelle participation à la course.

Avant d'entrer dans la salle où s'était engouffré avant lui M. Fournier, le ministre des Finances Raymond Bachand, réélu dans Outremont, a affirmé qu'il est en réflexion.

«J'ouvre la porte dans ma tête à réfléchir, a-t-il dit. J'ouvre ma tête à réfléchir, je me suis levé ce matin, j'ai des sentiments forts contradictoires mais ça ne fait pas trois semaines que je pense à ça.»

Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, réélu dans Jean-Talon, a affirmé qu'il attendra encore avant de prendre une décision au sujet de la succession de M. Charest, à qui il souhaitait donner toute la place au lendemain de sa décision de démissionner, après plus de neuf ans au pouvoir.

«À chaque fois qu'on a à se poser des questions sur notre avenir, on attend toujours», a-t-il dit.

La ministre du Travail Lise Thériault, réélue dans Anjou-Louis-Riel, a elle aussi laissé la porte entrouverte, réservant sa réflexion pour plus tard.

«Je ne suis pas rendue à cette étape-là», a-t-elle dit.

Aussi pressenti pour être sur les rangs d'une éventuelle course à la direction, le ministre des Transports Pierre Moreau a éludé la question. M. Moreau, réélu dans Châteauguay, a affirmé qu'il se concentrait sur la rencontre qui était prévue avec ses collègues et M. Charest.

«Je n'ai vraiment pas la tête à ça, vous êtes gentils, merci, a-t-il dit aux journalistes. Mais non, je n'ai pas de réponse à donner.»

Apparaissant exceptionnellement à l'entrée du caucus, auquel il ne participe habituellement pas, Pierre Paradis a affirmé que sa décision n'est pas prise.

«C'est trop tôt, a-t-il dit. Ça ne fait pas 24 heures que M. Charest nous a fait part de sa décision, on doit pendant les 24 premières heures, à tout le moins, lui laisser tout le temps d'antenne.»

M. Paradis, réélu dans Brome-Missisquoi, où il est député depuis 1980, n'a cependant pas fermé la porte à une participation à la prochaine course à la direction, qui n'est pas encore lancée.

«Je n'inclus et n'exclus rien», a-t-il dit.

En sortant de la rencontre avec ses candidats défaits et députés élus, qui lui ont réservé une longue ovation pour l'accueillir, M. Charest, qui a fait élire 50 députés mardi, a affirmé qu'il est confiant pour la suite des choses.

«Comme chef de parti, laisser un parti derrière moi qui est en bonne santé, c'est important, a-t-il dit. Quand on est chef de parti, on est fiduciaire et on a responsabilité envers ceux qui nous suivent de laisser la maison en bon ordre et j'ai ce sentiment là aujourd'hui.»

M. Charest, qui a rencontré à son bureau la chef du Parti québécois et première ministre élue Pauline Marois pour discuter de la transition, doit participer la semaine prochaine à un autre caucus qui réunira cette fois seulement les élus libéraux.

Après le caucus, M. Fournier a déclaré que l'exécutif du PLQ et le caucus détermineront la procédure pour la nomination du chef intérimaire.

Quant à la course à la direction, M. Fournier n'a pas situé d'échéancier pour nommer un successeur permanent.

«Une course à la chefferie, ce n'est pas juste de trouver un chef, c'est l'occasion d'avoir un échange d'idées, d'ouvrir au maximum, d'avoir le plus de personnes qui viennent s'associer à nous», a-t-il dit.

Le député de Verdun Henri-François Gautrin, réélu mardi, a affirmé que le passage du PLQ dans l'opposition sera une occasion de reconstruction.

«Un parti au bout de 10 ans, a un certain essoufflement et il doit être en mesure de présenter à la population un message plus adapté à la réalité», a-t-il dit.