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06/09/2012 12:54 EDT | Actualisé 06/11/2012 05:12 EST

Attentat au Métropolis: le présumé meurtrier Richard Bain comparaît en cour

MONTRÉAL - Deux jours après l'attentat meurtrier survenu au Métropolis de Montréal, 16 chefs d'accusation ont été déposés jeudi contre Richard Henry Bain au palais de justice de Montréal.

Parmi ceux-ci figurent une accusation de meurtre prémédité, trois chefs d'accusation de tentative de meurtre, une accusation de voies de fait graves et une autre pour incendie criminel.

L'accusé, qui aura 62 ans samedi, était présent dans la salle d'audiences pour sa brève comparution devant le juge Pierre Labelle, de la Cour du Québec. Vêtu d'un t-shirt blanc ainsi qu'un d'un pantalon de coton bleu marine, Bain est apparu calme et éveillé.

Quelques proches de Denis Blanchette, ce technicien mortellement atteint par balle lors de l'attentat, étaient présents dans la salle d'audiences. Après avoir échangé quelques regards avec l'accusé, un homme a brièvement montré une photo de la victime à Bain, ce qui n'a pas semblé l'ébranler.

Un constable spécial est rapidement intervenu et a demandé à l'homme qui tenait la photo dans ses mains de la cacher. Les proches de la victime ont quitté la salle d'audiences sans émettre de commentaires après la comparution.

Sous haute surveillance, assis dans le box des accusés protégé par une vitre, Bain a brièvement discuté avec son avocate, Me Elfride Duclervil, de l'aide juridique, avant la brève comparution devant le juge.

L'avocate a expliqué par la suite qu'elle n'avait pas eu l'occasion de discuter avec Bain auparavant en raison d'un manque de communication, ce qu'elle a déploré.

«Le SPVM (Service de police de la ville de Montréal) m'a dit que mon client avait été transféré à l'Hôpital général de Montréal, a-t-elle dit. Je me suis présentée et j'ai attendu. C'est après que j'ai été informée que mon client était à l'Hôpital Royal Victoria.»

Me Duclervil a expliqué qu'il était encore prématuré pour elle d'indiquer si elle demandera une évaluation psychiatrique pour son client.

«Il a eu un malaise hier (mercredi) et je dois prendre le temps de discuter avec lui, a dit l'avocate. J'ai trouvé ça dommage de ne pas pouvoir lui parler, mais l'essentiel, c'est d'avoir eu accès à lui aujourd'hui (jeudi).»

D'autres accusations pourraient être déposées puisque des armes ont également été retrouvées au domicile de Bain, à Mont-Tremblant. L'accusé avait 22 armes enregistrées à son nom et cinq ont été retrouvées au Métropolis.

«Nous avons des revolvers et des carabines, c'est essentiellement de cette nature», a dit en point de presse la procureure de la Couronne, Me Éliane Perreault.

Elle a ajouté que toutes les armes, dont celle du crime, étaient enregistrées, sauf une.

L'acte d'accusation n'indique cependant pas pour l'instant si la première ministre élue du Québec, Pauline Marois, était la cible de Bain.

Ce dernier est arrivé au palais de justice sur le siège arrière d'une voiture de police. Il reviendra devant le tribunal le 11 octobre pour la suite des procédures.

La comparution de Bain survient au lendemain de la vigile tenue en l'honneur de la victime devant le Métropolis.

Selon les policiers, très tôt dans la nuit de mercredi, Bain a abattu un technicien âgé de 48 ans, Denis Blanchette. Il a blessé une autre personne à l'aide d'une arme à feu alors que des partisans du Parti québécois célébraient leur victoire électorale au Métropolis.

La chef péquiste, Pauline Marois, s'adressait à eux lorsqu'on l'a rapidement escortée hors de la scène du Métropolis. Bain aurait aussi allumé un incendie à l'extérieur, derrière la salle de spectacle. Le feu a été rapidement maîtrisé.