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05/09/2012 12:38 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Tunisien: un groupe "salafiste jihadiste" revendique l'attaque d'un hôtel

Un groupuscule salafiste a revendiqué mercredi l'attaque perpétrée contre l'hôtel Horchani, dernier point de vente légal d'alcool de Sidi Bouzid, affirmant avoir agi "à la demande de la population" de cette ville du centre-ouest de la Tunisie.

"Cela a été fait à la demande de la population", a expliqué à l'AFP, deux jours après les faits, Waël Amami, un homme agissant en porte-parole d'un groupuscule "salafiste jihadiste".

"Les jeunes ont juste cassé les bouteilles d'alcool (...) personne n'a été frappé", a affirmé le militant, estimant à 15 ou 20 clients présents au moment des faits lundi en milieu de journée.

Il a aussi indiqué que la direction de l'établissement avait été mise en garde par son groupe mais que la vente d'alcool n'avait pas cessé pour autant.

Waël Amami est connu pour avoir été condamné en 2007 à la prison à perpétuité après des affrontements sanglants avec l'armée à Soliman, près de Tunis, à l'époque du président Ben Ali. Il a bénéficié de l'amnistie décidée après la révolution de 2011.

Il a assuré qu'un individu, enlevé le jour des faits car il voulait filmer la scène, a été libéré: "Nous l'avons juste retenu le temps de vérifier qu'il n'avait pas d'images sur son portable".

Waël Amami a par ailleurs assuré que son groupe lutte contre la prolifération de points de vente clandestins d'alcool: "Les habitants se plaignent mais la police n'intervient pas".

L'hôtel Horchani, dans le centre de Sidi Bouzid, a été attaqué par une cinquantaine de militants fondamentalistes, qui ont chassé les clients du bar avant de fracasser des quantités de bouteilles d'alcool.

Selon Lotfi Hidouri, responsable au ministère de l'Intérieur, l'enquête se poursuit mais le gérant de l'hôtel "n'a pas voulu identifier" les suspects si bien qu'aucune arrestation n'a pu avoir lieu.

La police a néanmoins convoqué des suspects, selon M. Hidouri, sans pouvoir préciser leur nombre ou identité.

Sidi Bouzid, berceau de la révolution de 2011, est l'un des bastions de la mouvance salafiste, et a déjà été le théâtre de violences salafistes en août dernier.

La Tunisie connaît une recrudescence des attaques organisées par des militants radicaux, et l'opposition accuse le gouvernement, dominé par le parti islamiste Ennahda, de complaisance à l'égard de cette mouvance.

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