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05/09/2012 02:42 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Syrie: Paris en quête de soutiens européens pour les "zones libérées"

La France, après avoir parlé de zone d'exclusion aérienne partielle en Syrie, puis de "zones tampons" pour protéger les civils, tente désormais, selon des sources diplomatiques, d'entraîner ses partenaires européens dans une aide aux "zones libérées".

"Pour le moment, nous sommes le seul pays qui aide concrètement les réseaux locaux de solidarité et nous cherchons à convaincre nos partenaires de nous suivre dans cette voie", a indiqué mercredi à des journalistes une de ces sources sous couvert de l'anonymat.

"Certains partenaires se sont montrés intéressés", a-t-elle ajouté, pécisant que le sujet sera débattu lors d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères (dite "Gymnich"), vendredi et samedi à Chypre.

Dans la perspective de cette réunion, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius et son homologue italien Giulio Terzi ont adressé une lettre aux autres ministres européens pour "attirer leur attention sur la situation syrienne qui doit être examinée de façon approfondie et agir en concertation", selon le Quai d'Orsay.

Selon des sources diplomatiques, l'aide française civile - médicaments, matériels médico-chirurgical ou de construction, argent - apportée jusqu'ici aux "zones libérées" est livrée à cinq communes de trois gouvernorats de Syrie: Alep dans le nord, Idleb dans le nord-ouest et Deir Ezzor dans l'est.

Quelque 700.000 personnes vivent dans ces zones "libérées", que les représentants du régime de Damas ont fuies, selon les mêmes sources. "L'aide française est exclusivement civile, à ce stade", a précisé l'une d'elles.

Dans les communes en question, que Paris se refuse à identifier par souci de sécurité, les populations locales se sont organisées, parfois depuis plusieurs mois, pour administrer la vie courante, ramasser les ordures, prévoir l'accès à l'eau, la scolarisation des enfants ou pour reconstruire les boulangeries détruites par les bombardements du régime syrien.

Ces communes, où de nouveaux bombardements ne sont pas exclus, ont mis en place des "comités révolutionnaires", composés souvent de membres de la société civile. Certains existent depuis plus de cinq mois, selon une source diplomatique française.

Ces dernières semaines, l'évocation d'une zone d'exclusion aérienne puis de "zones tampons" par Paris s'était heurtée à l'impossibilité de les faire approuver à l'ONU, où la Russie et la Chine, proches soutiens de Damas, ont refusé jusqu'à présent toute résolution contraignante.

cr/prh/de