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05/09/2012 12:46 EDT | Actualisé 05/11/2012 05:12 EST

Les grévistes de Marikana font monter la tension dans les mines sud-africaines

MARIKANA, Afrique du Sud - Des grévistes de la mine de platine de Marikana, dans le nord de l'Afrique du Sud, ont menacé mercredi de tuer des ouvriers d'une mine voisine appartenant à la même entreprise s'ils ne rejoignent pas leur mouvement de grève pour réclamer des hausses de salaires.

Des centaines de grévistes se sont rassemblés mercredi près de l'endroit où la police a tué par balles 34 mineurs grévistes le 16 août. La grève à la mine de Marikana a fait un total de 44 morts, dont deux policiers, depuis le 10 août.

Les mineurs ont marché jusqu'à la mine de Karee, où ils ont donné jusqu'à 13 h à leurs collègues pour quitter les lieux. «Après 13h, nous ne voulons voir personne dans le puits. Ceux qui viendront travailler demain, nous les tuerons!», a lancé un gréviste, qui a refusé de décliner son identité.

Grâce à l'intervention de deux pasteurs méthodistes soucieux de prévenir des violences, une délégation de sept jeunes grévistes a rencontré neuf dirigeants de la mine de Karee, où était déployé un important dispositif policier, appuyé par des véhicules blindés et un camion à canon à eau. Des hélicoptères de la police bourdonnaient dans le ciel.

Le directeur de la mine de Karee, Jan Thirion, a déclaré que la délégation avait menacé de «brûler le puits» s'il n'était pas abandonné d'ici 13 h, mais il a exclu de céder à l'intimidation. «Si on fait ça, autant fermer toutes les mines d'Afrique du Sud», a-t-il dit.

L'entreprise Lonmin, qui exploite les deux mines, affirme que la poursuite de la grève entamée le 10 août pourrait entraîner la suppression de 40 000 emplois. La mine de Marikana est toujours fermée, moins de cinq pour cent des ouvriers s'étant présentés au travail. La tension reste très forte, les mineurs accusant la police d'avoir tué aveuglément les grévistes.

Le bureau des plaintes contre la police enquête sur l'incident et remettra son rapport à la commission d'enquête nommée par le président Jacob Zuma, a déclaré son porte-parole, Moses Dlamini.