NOUVELLES
04/09/2012 12:20 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Julian Castro, l'étoile montante hispanique des démocrates

SAN ANTONIO - Certains se demandent s'il finira gouverneur du Texas ou même à la Maison-Blanche. Etoile montante du Parti démocrate, Julian Castro devait devenir mardi soir le premier Hispanique à prononcer le discours d'ouverture de la convention nationale à Charlotte, en Caroline du Nord.

Julian Castro collectionne déjà les portraits plutôt flatteurs dans les médias, et a été reconduit massivement l'an dernier par ses administrés. La convention démocrate lui a offert une chance de briller en «heure de grande écoute» avec ce discours inaugural retransmis sur les réseaux nationaux.

D'après les indices qu'il a lâchés, il devait s'attacher à défendre le bilan du président Barack Obama et narrer sa propre histoire familiale, évoquer son frère jumeau Joaquin et leur mère, militante de la cause hispanique. C'est Joaquin qui devait présenter son frère avant son discours mardi soir. Ce membre de la législature du Texas, qui représente San Antonio, espère faire son entrée au Congrès en novembre.

Les deux Castro doivent beaucoup à Rosie, leur mère. Quand les garçons avaient huit ans, elle s'est retrouvée seule pour les élever. Julian Castro comptait raconter comment elle traînait ses enfants dans les manifestations et discutait souvent de politique avec eux.

Pour Rosie, aujourd'hui âgée de 65 ans, l'ascension des deux frères est le signe de l'influence politique tardive mais croissante de la communauté hispanique.

A 23 ans, Rosie Castro avait été candidate malheureuse à un poste de conseillère municipale de San Antonio. Elle s'est rapidement attelée à l'organisation politique de la communauté mexicaine-américaine des années 70 au Texas. Elle se souvient des appels en pleine nuit et des colis envoyés chez elle la traitant de communiste. «Je ne sais pas si j'étais terrifiée mais cela m'a perturbée, d'autant plus que mes fils étaient petits», raconte-t-elle. «Je ne savais pas s'il y avait un dingue qui risquait de faire n'importe quoi.»

A une époque, son militantisme lui a bloqué l'accès à des emplois au sein de la municipalité aujourd'hui dirigée par son fils. Et lui a valu, dit-elle, la surveillance du ministère de la Justice. «On nous qualifiait d'activistes mais nous agissions par des moyens politiques», souligne-t-elle, évoquant le combat pour les droits des Mexicains-Américains dans les années 1970. «Pas par les armes, pas en renversant le gouvernement, mais par le processus politique.»

Désormais, Julian Castro se trouve en première ligne des efforts du Parti démocrate pour attirer les électeurs hispaniques que sa mère poussait à s'inscrire sur les listes électorales il y a près de 40 ans.

Le maire de San Antonio assure qu'il sait que la génération de sa mère a connu des difficultés différentes de celles des Hispaniques d'aujourd'hui. Il répète que son combat a ouvert la voie à ses succès politiques. «Il y avait un taux d'abandon énorme. A l'époque, il y avait des panneaux qui disaient 'interdit aux Mexicains ou aux chiens'. C'était un mouvement né des aspirations et des frustrations», rappelle-t-il. «C'était très compréhensible. Et au bout du compte, je pense, cela a permis à ce pays d'avancer.»

A la veille de son discours, Julian Castro a expliqué à la presse à Charlotte qu'il espérait que son histoire inspirerait les jeunes Hispaniques. «Comme le montre mon histoire familiale, les Latinos sont un bienfait pour les États-Unis depuis plusieurs générations. L'avenir de l'Amérique dépend en partie du succès de la communauté latino, et cette opportunité n'en est qu'une nouvelle illustration.»