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04/09/2012 09:21 EDT | Actualisé 04/11/2012 05:12 EST

Activité normale dans le centre d'Alep, pénuries dans les quartiers rebelles

Le centre-ville d'Alep connaissait mardi une activité commerciale normale, a constaté un correspondant de l'AFP, en contraste avec les quartiers rebelles dans la périphérie, soumis à des bombardements et souffrant de pénurie alimentaire, selon des militants.

Alors que les combats font rage dans plusieurs quartiers de la périphérie notamment dans l'est, l'ouest et le sud de la métropole du Nord, le centre baigne dans une atmosphère calme en apparence, avec tous les magasins ouverts, et les gens dans la rue en train de faire leurs emplettes, a constaté le journaliste de l'AFP.

La grogne se fait toutefois sentir après plus d'un mois de violences dans la deuxième ville et capitale économique du pays.

Abdo al-Ghafour, 25 ans, se plaint ainsi des mauvaises affaires. "Les gens se contentent de se promener dans la rue et regarder nos marchandises, nos chemises et nos pantalons, mais très peu achètent car ils ont peur de l'avenir".

"Au lieu de cela, ils achètent les vêtements et les cartables pour la rentrée scolaire", dit-il.

Les violences dans des quartiers d'Alep et ailleurs en Syrie laissent planer le doute sur la réouverture des écoles dans les zones à risque.

Toujours à Alep, la télévision d'Etat a rapporté qu'une "unité des forces armées a tué cinq terroristes dont un tireur embusqué derrière un bâtiment de l'immigration et des passeports dans la Vieille ville".

Parallèlement au calme apparent dans le centre d'Alep, les militants parlent de pénuries permanentes dans les quartiers rebelles.

"Le régime empêche les produits alimentaires de parvenir aux quartiers libérés. Les habitants sont obligés de passer les produits en contrebande, de quartier en quartier", affirme ce militant du quartier rebelle de Sakhour (est) qui se fait appeler Barra.

"Quand je vais acheter quelque chose, je dois aller dans plusieurs épiceries ou supermarchés avant de trouver ce que je veux: oeufs, yaourt, riz et même du lait pour les enfants. Ces produits sont quasi inexistants, les marchés sont presque vides", ajoute-t-il, joint par l'AFP via Skype.

"C'est difficile de trouver des bonbonnes de gaz aussi. C'est un vrai siège, une punition collective", assure le militant. "Si le régime pouvait nous priver d'air, il le ferait".

Selon lui, "les ordures sont partout et les habitants essaient de nettoyer autant qu'ils peuvent, mais les bombardements sont tellement intenses" qu'ils les empêchent de sortir de chez eux.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), plusieurs quartiers dont Salaheddine, ont été bombardés mardi par les troupes régulières, "faisant des blessés et détruisant des maisons".

Salaheddine est un quartier dont le contrôle est revendiqué à la fois par l'armée et les rebelles. Selon l'OSDH, les deux parties y sont présentes et marquent des points selon les jours. "Il n'y a pas de contrôle clair, ni pour les uns, ni pour les autres", affirme à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Lundi, le général en charge des opérations de l'armée dans l'ouest d'Alep avait affirmé à l'AFP que les troupes reprendraient "d'ici 10 jours" la ville.

Combats et bombardements faisaient rage ailleurs dans le pays, faisant au moins 37 morts --17 civils, 12 soldats et huit rebelles-- selon un bilan provisoire de l'OSDH.

A Deir Ezzor (est), les insurgés ont pris le contrôle d'une branche de la sécurité militaire après de violents combats qui ont duré plusieurs heures.

Les régions rebelles de Homs (centre), de Deraa (sud), de Hama (centre) et d'Idleb (nord-ouest) étaient également bombardées, selon l'OSDH. Dans le Vieux Homs, un rebelle âgé de 15 ans a été tué dans les combats, selon la même source.

Lundi, au moins 153 personnes, dont 81 civils (y compris 33 enfants et femmes), ont péri en Syrie, d'après l'ONG. Parmi les rebelles, 23 ont été tués dans des combats à Lattaquié (nord-ouest).

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